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Éducation : l’affectation des enseignants est à améliorer, selon la médiatrice

Publié le 27 juillet 2022 à 10h26 - par

Des améliorations sont à prévoir dans l’Éducation nationale pour mieux attirer les nouveaux enseignants et veiller à une affectation juste, sans freiner la mobilité, a souligné lundi 25 juillet 2022 la médiatrice de l’Éducation.

Éducation : l'affectation des enseignants est à améliorer, selon la médiatrice

« Si on veut garder les enseignants à leur poste, avoir des candidats motivés, ça n’est pas en  les emprisonnant dans des académies qu’on va réussir à les retenir », explique Catherine Becchetti-Bizot, médiatrice de l’Éducation nationale et de  l’Enseignement supérieur à l’AFP.

Les difficultés liées aux processus d’affectation et de mobilité représentent une part importante des saisines de la médiation par les personnels : « elles constituent 17 % de leurs réclamations, soit près de 600 saisines pour l’année 2021 (en léger recul par rapport à l’année précédente) », souligne le rapport de Mme Becchetti-Bizot et ses équipes, dévoilé lundi 25 juillet.

Ce rapport fait écho à la pénurie de professeurs qui se profile à la rentrée prochaine, particulièrement en Île-de-France, dans les écoles, collèges et lycées. Plus de 4 000 postes n’ont pas été pourvus cette année aux concours enseignants.

L’Éducation nationale va donc faire appel, encore plus cette année, à des enseignants contractuels. Mais selon la médiatrice, « il va falloir réfléchir à une évolution de ce statut, afin qu’il soit plus décent ».

Plus globalement, selon Catherine Becchetti-Bizot, « l’épanouissement au travail et donc la motivation des professeurs sont liés à des facteurs multiples : lieu d’affectation, possibilité de mobilité, reconnaissance et avancement de carrière, et bien-être au travail ».

« Être éloigné ou séparé trop longtemps de son conjoint ou de ses enfants, ne pas pouvoir s’occuper d’un parent vieillissant ou handicapé (…) sont des sources renouvelées de souffrance et de démotivation pouvant avoir des répercussions dommageables sur la carrière des personnes (périodes de disponibilité, arrêts de travail à répétition, perte d’années de cotisation pour la retraite), mais aussi, à plus long terme, sur l’équilibre du système éducatif (manque d’attractivité, démissions) », poursuit le rapport.

Or, « les modalités actuelles d’affectation des personnels constituent, dans bien des cas, un frein à une mobilité fonctionnelle ou géographique choisie », ajoute ce rapport.

Les plus affectés sont les personnels qui ont intégré l’Éducation nationale sur le tard, et qui « sont traités exactement comme des jeunes qui viennent de passer le concours », indique Mme Becchetti-Bizot. « Leur ancienneté et leur situation familiale » ne sont pas intégrées dans le barème, constate la médiatrice.

Ainsi, le rapport recommande « de prendre davantage en considération les compétences acquises et les parcours antérieurs de ceux qui ont fait le vœu de rejoindre l’Éducation nationale, et surtout d’être en capacité de garder et de fidéliser ces personnels dont le parcours diversifié ne peut qu’enrichir leur nouvelle pratique professionnelle ».

Il préconise aussi de « mieux attirer les compétences et favoriser les mobilités entrantes », d’« identifier et valoriser des parcours d’enseignants avec des profils seniors et apporter une réponse à la problématique de leur recrutement ».

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