Handicap : une nouvelle rentrée sans scolarité adaptée pour des milliers d’enfants handicapés

Publié aujourd'hui à 8h50 - par

Listes d’attente, scolarisation partielle ou inexistante : cette année encore, des milliers d’enfants en situation de handicap ne bénéficieront pas de l’accompagnement dont ils ont besoin, dénonce mardi 25 août 2026 l’Unapei, réseau d’associations qui représente les personnes avec des handicaps intellectuels et cognitifs.

Handicap: une nouvelle rentrée sans scolarité adaptée pour des milliers d'enfants handicapés
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Le constat alarmant sur le temps de scolarisation effective

À quelques jours de la rentrée scolaire, l’Unapei alerte sur les difficultés persistantes rencontrées par les familles d’enfants en situation de handicap. Selon une enquête menée auprès de 38 associations de son réseau, représentant près de 5 000 enfants, 76 % des enfants accompagnés sont scolarisés moins de douze heures par semaine. Seuls 24 % bénéficient de plus de douze heures hebdomadaires.

La saturation des structures médico-sociales et les délais d’attribution

L’Unapei insiste également sur le délai d’attente qui atteint « près de trois ans en moyenne avant d’accéder à une solution d’accompagnement adaptée pour bénéficier de l’accompagnement par un institut médico-éducatif ». Pour certaines familles, cette attente est encore bien plus longue. « Que ce soit une attente de trois ans ou de sept ans, pendant ce temps, l’âge de développement continue. Il y a plein de lacunes que l’enfant va cumuler au fur et à mesure », déplore Sonia Ahehehinnou, présidente adjointe de l’Unapei à l’AFP.

L’immatriculation INE : une avancée administrative sans garantie de prise en charge

L’enquête note toutefois une évolution notable : l’accès au numéro INE (identifiant national élève), qui permet le suivi des élèves. En un an, la proportion d’enfants accompagnés ne disposant pas d’un numéro INE est passée de 65 % à 45 %. Grâce à ce numéro, les élèves en situation de handicap « apparaissent dans les statistiques de la base Éducation nationale et ça leur confère le statut d’élève. Ils vont donc faire partie de la communauté de l’école », analyse Sonia Ahehehinnou, tout en reconnaissant que « le simple fait d’être inscrit ne suffit pas à garantir un accompagnement correct ».

La réalité de la rupture de parcours et le manque d’affectation en dispositif ULIS

C’est ce qui inquiète Yasmina Gaulard. Sa fille Anissa, atteinte d’un trouble du spectre de l’autisme et d’un trouble du déficit de l’attention, doit faire sa rentrée au collège en septembre, faute de place en IME et sans affectation en classe de sixième ULIS (unité localisée pour l’inclusion scolaire). « Je crains qu’elle soit complètement perdue. Le collège c’est une nouvelle organisation, c’est plusieurs enseignants, c’est des changements de salles, c’est des permanences, c’est des profs absents », rappelle sa mère à l’AFP. À 13 ans, « elle a un niveau fin de CP, début de CE1. Donc le décalage est énorme avec les autres élèves. Elle a peur d’y aller et nous ça nous stresse », reconnaît Yasmina Gaulard.

« Il faut passer d’un système qui subit les ruptures à un système qui les anticipe. Cela suppose, pour chaque enfant, une réponse suivie, coordonnée et évolutive, sans attendre que la situation se dégrade pour agir », explique la présidente adjointe de l’Unapei.

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