Le gouvernement veut vaincre le décrochage scolaire

Éducation

Le Premier ministre a détaillé, le 21 novembre, le plan de lutte contre le décrochage scolaire.

« Tous mobilisés pour vaincre le décrochage scolaire ». Tel est le slogan du plan de lutte contre le décrochage scolaire présenté, le 21 novembre, par le Premier ministre et sa ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. La lutte contre le décrochage scolaire constitue « une priorité nationale », ont réaffirmé Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem. Les mesures du plan s’organisent autour de trois axes : la mobilisation de tous, le choix de la prévention, une nouvelle chance pour se qualifier.
 

Tous mobilisés contre le décrochage

– L’action quotidienne de tous les acteurs dans la lutte contre le décrochage sera valorisée, chaque année, dans le cadre d’une Semaine de la persévérance scolaire. Organisée dans chaque académie, cette semaine aura pour slogan « Ensemble on s’accroche ! ».

Les parents seront davantage associés à la vie de l’école et au parcours de leurs enfants. « Des dispositifs et pratiques contribuant à impliquer les parents seront renforcés et généralisés, en particulier aux moments clés de l’orientation », promet le gouvernement.

– Un numéro unique – 0 800 12 25 00 – permettra aux jeunes en situation de décrochage et à leurs parents d’échanger avec un conseiller, pour obtenir des conseils et une information immédiate et fiable sur les solutions alternatives de formation et d’accompagnement qui s’offrent à eux. Ce conseiller orientera le jeune vers une structure de proximité fournissant un accompagnement personnalisé.
 

Faire le choix de la prévention

– Le plan national de formation – formation initiale et formation continue – de tous les personnels intègrera un module spécifique sur le décrochage (exemple : formation au repérage des signes annonciateurs du décrochage).

– Des réponses individualisées et pluridisciplinaires seront apportées aux jeunes en difficulté aux travers d’alliances éducatives entre établissements et partenaires externes – représentants de l’action pédagogique, éducative, médico-sociale, associations… – dans les territoires qui ne sont pas pourvus de programme de réussite éducative (PRE).

– Toutes les potentialités du numérique seront utilisées pour faire évoluer les pratiques pédagogiques dans la classe, accompagner les parcours et développer de nouvelles modalités d’apprentissage adaptées aux jeunes présentant des risques de décrochage, ont annoncé les deux ministres.
 

Une nouvelle chance pour se qualifier

–    Une plus grande modularité des formations et souplesse des parcours seront expérimentées :

  • En cas de redoublement après un échec à un diplôme de l’enseignement professionnel, le jeune pourra bénéficier d’une formation adaptée prenant en compte ses acquis du passé pour ne repasser que les matières non validées.
  • Les jeunes en situation de décrochage pourront obtenir leur CAP ou leur baccalauréat professionnel en validant différentes unités au cours de sessions organisées dans l’année, au lieu de présenter toutes les épreuves lors d’un examen final.

– Tous les jeunes de 15 à 18 ans risquant de sortir sans diplôme ou sans qualification d’un établissement du second degré pourront bénéficier d’un parcours aménagé de « stagiaire de la formation initiale ». Le jeune conservera le statut scolaire de son établissement d’origine et bénéficiera d’un accompagnement personnalisé, précise le gouvernement.

– Des structures de remédiation innovantes seront mises en place au sein d’établissements « classiques », pour permettre la réussite des élèves et l’essaimage des pratiques pédagogiques efficaces.

– Afin d’encourager les jeunes en situation de décrochage à réintégrer un cursus de formation, un abondement des heures de formation disponibles dans leur compte personnel de formation (CPF) leur sera proposé, lors de leur prise en charge par un référent de leur Plateforme de suivi et d’appui aux décrocheurs (PSAD).

La mise en œuvre effective du plan est prévue dès ce mois de novembre. Elle s’étalera, « de manière progressive, jusqu’en 2016, pour permettre de faire un premier bilan d’ici la fin du quinquennat ». Les moyens consacrés à la lutte contre le décrochage seront renforcés par la mobilisation de 50 millions d’euros supplémentaires (+ 7 %) chaque année, dès 2015. Le gouvernement va, notamment, fortement solliciter les fonds européens. À hauteur de près de 95 millions d’euros sur la période 2014-2020, en particulier au travers du Fonds social européen (FSE) et de  l’Initiative pour l’emploi des jeunes.

 

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