Le gouvernement veut bâtir des Cités éducatives dans les quartiers prioritaires

Éducation

Le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse vient de dévoiler la liste des territoires éligibles au label Cité éducative.

Les Cités éducatives visent à intensifier les prises en charges éducatives des enfants à partir de 3 ans et des jeunes jusqu’à 25 ans, avant, pendant, autour et après le cadre scolaire. Elles consistent en une « grande alliance » des acteurs éducatifs travaillant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville : services de l’État, des collectivités, associations, habitants, explique le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Le projet des Cités éducatives est né d’une expérimentation, menée à Grigny (Essonne) en 2017. Au printemps-été 2018, dans le cadre de la co-construction de la feuille de route gouvernementale pour la politique de la ville, il a d’abord été porté par un groupe de travail national au ministère de la Cohésion des territoires et par le rapport Borloo, avant que le gouvernement ne décide de son essaimage dans une soixantaine de grands quartiers sans mixité, avec des moyens dédiés, le 18 juillet 2018.

À travers les Cités éducatives, le gouvernement veut ainsi « fédérer tous les acteurs de l’éducation scolaire et périscolaire, dans les territoires qui en ont le plus besoin et où seront concentrés les moyens publics. » Le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse et le ministre chargé de la Ville et du Logement ont dévoilé, le 2 mai, les 80 territoires éligibles au label Cité éducative, sélectionnés après un travail réalisé avec les préfets et les recteurs. Il s’agit de grands quartiers d’habitat social de plus de 5 000 habitants, présentant des dysfonctionnements urbains importants et avec des enjeux de mixité scolaire. Il a par ailleurs été tenu compte des enjeux d’aménagement du territoire et du volontarisme des élus locaux. De fait, « c’est désormais aux collectivités, sans qui rien ne peut se faire de s’engager dans cette démarche, à travers l’élaboration d’une stratégie territoriale ambitieuse et partagée », ont insisté Jean-Michel Blanquer et Julien Denormandie. Et les deux ministres de mettre les points sur les i : le label Cité éducative et les moyens supplémentaires affectés par l’État qui vont avec « ne seront accordés qu’aux territoires éligibles où les acteurs du territoire proposeront une stratégie ambitieuse et partagée, avec une collectivité cheffe de file ».

La rentrée des Cités éducatives labellisées s’effectuera à partir de septembre 2019. Les Cités éducatives bénéficieront de 34 millions d’euros par an de crédits du ministère chargé de la Ville, soit près de 100 millions d’euros de 2020 à 2022. Un fonds de la Cité éducative de 30 000 euros est prévu pour un collège dans chaque territoire, alimenté à parité par le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse et le ministère chargé de la Ville et du Logement.

L’ambition des Cités éducatives n’est pas d’être un dispositif de plus mais l’occasion de mieux coordonner et renforcer les dispositifs existants. L’enjeu est de pouvoir accompagner au mieux chaque parcours éducatif individuel, depuis la petite enfance jusqu’à l’insertion professionnelle, dans tous les temps et espaces de vie, précise le gouvernement. « C’est par l’école qu’il est possible de lutter à la racine contre les déterminismes et les assignations, c’est par l’école qu’on élève le niveau général et qu’on œuvre à la justice sociale. Les cités éducatives, dont le cœur est le collège du quartier, vont permettre de fédérer tous les acteurs et d’offrir aux enfants une éducation de qualité sur le temps scolaire, périscolaire et extrascolaire », conclut le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.

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