Les professeurs français aiment toujours leur métier

Éducation

Selon une enquête internationale, les professeurs français choisissent leur métier par vocation et expriment un besoin renforcé de formation.

Réalisée tous les 5 ans sous l’égide de l’OCDE, l’enquête internationale TALIS (Teaching And Learning International Survey) permet de comparer les systèmes éducatifs à partir de témoignages de professeurs et de chefs d’établissement sur leurs pratiques professionnelles et sur les conditions d’exercice de leur métier. L’enquête principale porte sur le niveau collège. Dans chaque pays, l’échantillon interrogé inclut au moins 200 collèges et 4 000 enseignants sélectionnés par tirage au sort. La publication mi-juin des données de cette étude pour la France permet « d’identifier les perceptions positives et les attentes des professeurs et des chefs d’établissement du premier cycle du secondaire (collège) », rapporte le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.

Un métier choisi par vocation

Décider de devenir professeur demeure un choix fondé sur le goût de la transmission et la possibilité de contribuer au développement des élèves. Les résultats suivants le confirment :

  • 92 % des professeurs français citent comme motivation majeure la possibilité d’avoir une influence sur le développement des élèves ;
  • Pour près de sept professeurs sur dix (en France, comme chez nos voisins européens ou dans les autres pays de l’OCDE), il s’agit de leur premier choix de carrière.

Pour une très grande majorité, ce choix est source de satisfaction, se réjouit le ministère. De fait :

  • Neuf professeurs sur dix déclarent aimer travailler dans leur collège. Seule une minorité d’entre eux (moins d’un sur dix en France, soit une proportion identique aux moyennes OCDE et UE) regrette son choix de carrière ;
  • La quasi-totalité des professeurs français interrogés (soit une proportion similaire à celles observées au sein de l’OCDE et de l’UE) est d’accord avec l’affirmation selon laquelle, dans leur établissement scolaire, les élèves et les professeurs s’entendent plutôt bien.

Les chefs d’établissement français, quant à eux, signalent plus fréquemment des cas d’intimidation, de harcèlement ou d’agression verbale entre les élèves. Ceux-ci sont deux fois supérieurs à ceux observés dans les autres pays de l’OCDE : 27 % pour la France, contre 14 % pour les moyennes OCDE et UE !

Les professeurs souhaitent être mieux formés

Comme le montre la progression du taux de participation des professeurs français à des activités de formation continue (+ 21 points depuis l’étude de 2013), les professeurs et les chefs d’établissement ont de plus en plus recours à la formation continue pour le bon exercice de leur profession, se félicite le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.

Une grande majorité des professeurs français (83 %) et de chefs d’établissement français (94 %) déclarent avoir participé, au cours de l’année précédant l’enquête TALIS, à au moins une activité de formation continue.

Les professeurs français expriment un avis positif sur les activités de formation continue suivies : 71 % des professeurs ayant déclaré au moins une activité de formation continue au cours des 12 derniers mois rapportent un impact positif sur leurs pratiques d’enseignement (contre toutefois 82 % pour la moyenne OCDE et 79 % pour la moyenne UE).

Les questions de la formation initiale et de l’accompagnement restent une préoccupation importante des professeurs pour améliorer leur pratique pédagogique, la gestion de leur classe et la personnalisation des parcours, observe le ministère à la lecture des résultats de l’enquête.

Plus de la moitié des professeurs expriment un manque de formation s’agissant de la pédagogie et de la gestion de la classe à l’issue de leur préparation. Seuls 66 % des professeurs français (contre 79 % pour la moyenne OCDE) déclarent avoir bénéficié d’une formation initiale sur les contenus disciplinaires, la pédagogie générale et les pratiques de classe.

Seulement 55 % des professeurs estiment avoir été formés à la gestion des comportements des élèves et de la classe au cours de leur formation initiale, ce qui s’avère nettement inférieur à la moyenne de l’OCDE (72 %).

Les professeurs souhaiteraient être mieux formés : pour les élèves ayant des besoins éducatifs particuliers (34 %), pour être plus en capacité d’avoir des approches pédagogiques personnalisées (24 %) et, enfin, pour accroître leurs compétences numériques (23 %).

De manière générale, les professeurs français se sentent moins accompagnés lors de leur prise de poste.

Source : TALIS (Teaching And Learning International Survey) 2018 – Enquête internationale de l’OCDE sur l’enseignement et l’apprentissage

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