Les propositions de l’Unaf pour lutter contre l’absentéisme scolaire

Éducation

Opposée à la suspension des allocations familiales en réponse à l’absentéisme scolaire, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) plaide pour un dépistage précoce et un meilleur accompagnement des familles.

« Le gouvernement envisage de confier aux préfets la responsabilité de suspendre les allocations familiales aux parents, en cas d’absentéisme scolaire de leur enfant, et de modifier, par voie législative, le dispositif existant », s’inquiète l’Union nationale des associations familiales (Unaf). Dans ce contexte, l’Union réaffirme son opposition au principe de suppression des allocations familiales (voir notre article du 19 janvier 2010). L’association préconise « un dépistage précoce des situations et un meilleur accompagnement des familles ».

Depuis la loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 relative à l’égalité des chances, un contrat de responsabilité parentale peut être passé avec les parents, fixant leurs devoirs en échange de « mesures d’aide et d’action sociales relevant du président du conseil général de nature à contribuer à résoudre » leurs difficultés. En cas de manquement au contrat, le président du conseil général peut demander la suspension du versement des allocations. En outre, les maires et les préfets peuvent saisir les conseils généraux pour la mise en place de ce contrat.

« Font-ils usage de cette possibilité ? Avant de poser la question de la sanction, il serait utile de savoir combien de contrats de responsabilité parentale ont été conclus. Quels ont été les moyens mobilisés pour soutenir les parents ? Quels en ont été les résultats ? Si le nombre de contrats est faible, il convient d’en rechercher les causes », remarque, avec justesse, l’Unaf. Si la loi devait transférer aux préfets la responsabilité actuellement confiée aux conseils généraux, l’Union demande que « des mesures d’accompagnement des familles, pour qu’elles exercent mieux leur responsabilité parentale, soient bien mises en place en amont d’une éventuelle sanction ».

En attendant, voici les propositions de l’Unaf :

  • L’Unaf souligne la nécessité d’un dépistage précoce de l’absentéisme, « essentiel pour qu’un dialogue réel s’établisse entre l’école et la famille ». Rappel : le signalement à l’inspection d’académie n’est prévu qu’à partir de quatre demi-journées d’absence non justifiées sur un mois. L’Union réaffirme que le « devoir d’école » s’impose non seulement aux enfants et aux parents, mais aussi au système éducatif et à l’ensemble de la société. Dépister et traiter l’absentéisme scolaire relève donc, selon elle, « d’une responsabilité commune des parents et de l’institution scolaire ».
  • Elle prône « une politique efficace de soutien à la fonction parentale ».
  • Elle préconise une évaluation des dispositifs mis en place depuis la loi de 2004 « pour analyser les raisons de leurs limites ».
  •  Elle juge indispensable d’identifier les expériences concrètes mises en place dans les établissements scolaires, ou par les conseils généraux, et les raisons de leur succès, afin de les généraliser.

Au final, l’Unaf « appelle les pouvoirs publics à éviter toute précipitation sur ce sujet et à ouvrir une concertation, à partir de constats partagés, pour la mise en place de mesures permettant de réduire, de manière efficace et durable, l’absentéisme scolaire ».

Posté le par Rédaction Weka

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