Réforme des rythmes scolaires : parole d’élus de Joigny, dans l’Yonne

Éducation

Nicolas Soret et Manuelle Moine, deux conseillers municipaux de Joigny dans l’Yonne, adjoints au maire, se sont particulièrement impliqués dans la mise en œuvre de la nouvelle semaine scolaire dans leur ville. Comment analysent-ils la situation ?

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Éducation RYTHMES SCOLAIRES : UNE EXPÉRIMENTATION À PÉRENNISER Voir le dossier

La semaine scolaire de 4 jours, instituée en 2008 par Xavier Darcos, n’avait pas bonne presse. Les parents d’élèves leur témoignaient régulièrement de la fatigue de leurs enfants, dont les journées étaient très chargées, ce qui pouvait nuire à la qualité de leurs apprentissages. Avant 2008, tout n’était pas idyllique non plus, car on pouvait constater beaucoup d’absentéisme le samedi matin. Ces deux expériences ont conduit les élus de la ville de Joigny à privilégier le mercredi matin comme temps d’enseignement à part entière.

La ville s’est engagée dans la réforme des rythmes à l’école primaire, dès cette rentrée scolaire, pour plusieurs raisons :

  • pour se mettre en cohérence avec la loi ;
  • pour atteindre l’objectif visé, à savoir améliorer la réussite des élèves et œuvrer pour un temps scolaire plus adapté aux besoins des enfants ;
  • enfin, une raison qui relève d’un sens aigu des responsabilités : « nous jugions peu responsable de confier la mise en place des TAP à une nouvelle équipe municipale qui, potentiellement, pourrait s’installer en mars 2014 ».

Enfin, la ville de Joigny en s’engageant dès 2013, a souhaité profiter du fonds d’amorçage mis en place par l’État.

Cela a aussi été l’occasion, face à la difficulté dans l’Yonne à trouver des intervenants qualifiés, d’engager cette réforme le plus tôt possible pour pouvoir tisser des liens privilégiés avec les structures départementales susceptibles de les aider, avant que l’offre et la demande d’intervenants ne basculent à l’occasion de la mise en place des rythmes par l’ensemble des communes du département.

Malgré cet engagement important sur le fond et sur la forme, les élus ne minimisent pas les difficultés rencontrées :

  • les réticences de l’administration de l’Éducation nationale au niveau du département, totalement absente des concertations menées avec toutes les parties prenantes ;
  • les réactions de certains enseignants qui ne sont pas entrés dans une dimension partenariale et/ou n’ont pas été facilitateurs ;
  • des problèmes dans le recrutement des animateurs, que ce soit en termes de diversification des activités ou en termes de qualification, l’Yonne étant « pauvre » en structures d’éducation populaire ;
  • des soucis purement matériels lors des premiers jours.

Des réunions de « premiers bilans » avec l’ensemble des parents ont été organisées pour faire remonter les difficultés persistantes. Plusieurs points de friction ont émergé :

  • certains enseignants sont convaincus que l’éducation ne peut que passer par le monde enseignant : difficulté à considérer que les temps péri-éducatifs peuvent être de qualité même s’ils ne sont pas encadrés par des enseignants ;
  • d’autres ont du mal à « laisser » leur classe pour les ateliers péri-éducatifs ;
  • répertorier les enfants à tout moment de la journée, faire le lien entre les différents intervenants (services municipaux, Éducation nationale, centre de loisirs…).

La ville de Joigny espère bien surmonter toutes ces difficultés et met en œuvre un dialogue permanent pour ajuster au fur et à mesure.

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