Des élus pyrénéens lancent une association « Touche pas à mon canton »

Élus

Des élus des Pyrénées-Atlantiques, dont plusieurs centristes proches du Béarnais Jean Lassalle (Modem) ont annoncé mardi 26 novembre à Bayonne la création d’une association « nationale », pour contester en justice le projet de redécoupage des cantons en vue des élections de mars 2015.

L’association « Touche pas à mon canton et nos campagnes », va faire « son propre recours devant le Conseil d’État, et inciter le plus grand nombre de citoyens à faire de même », a indiqué à la presse le conseiller général Jacques Pedehontaa, président de l’association qui compte une dizaine d’élus, dont deux députés : Jean Lassalle, et un UMP proche de lui, le député du Jura Jean-Marie Sermier.

Le lancement de l’association, simultanément à Pau et Bayonne, faisait écho à l’appel à la résistance lancé en octobre par Jean Lassalle, engagé depuis avril dans un tour de France à pied. Il dénonce dans le redécoupage « la mort politique des cantons ruraux, (…) qui précède toujours la mort sociale, économique et culturelle d’une région ».

La loi du 17 mai 2013 a réformé le mode de scrutin en prévoyant l’élection dans chaque canton d’un binôme, homme et femme, ce qui se traduira par la division par deux du nombre de cantons. Selon Philippe Fortabat-Labatut, avocat parisien conseillant l’association, la loi « viole la constitution » car elle met à mal les principes « d’égalité et d’équité territoriale ».

Les élus vont déposer leur recours auprès du Conseil d’État pour contester le décret du ministre de l’Intérieur relatif à cette loi. « Tous les citoyens de France qui votent peuvent faire le même recours contre ce décret ruralicide de Manuel Valls, pour moins de 40 euros », a ajouté l’avocat. L’association s’engage à fournir un mode d’emploi à l’attention des citoyens désireux d’ester en justice.

La question du redécoupage des cantons est particulièrement sensible dans les Pyrénées-Atlantiques, potentiellement concernées par la création d’un canton basco-béarnais. « Il y a une spécificité basque et une spécificité béarnaise. En le revendiquant, je n’ai pas le sentiment de mettre la République en péril », a déclaré M. Pedehontaa, élu béarnais de Navarrenx.
 

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