La région Île-de-France vote une charte éthique pour ses élus

Élus

Pas de « piston » pour la famille, une déclaration de patrimoine et des logements sociaux scrutés à la loupe : la région Île-de-France (IDF) présidée par Valérie Pécresse (LR) a voté jeudi 21 janvier une charte éthique pour ses élus, dans une ambiance fleurant un peu encore la campagne électorale.

Mme Pécresse, à la tête d’une majorité LR-UDI-Modem, dont l’élection a mis fin à 17 ans de mandature socialiste, a symboliquement présenté lors de la première séance de travail du conseil une charte définissant « la transparence de nos décisions, la moralisation de nos pratiques politiques et la baisse des dépenses de train de vie ».

Ce texte a été adopté par une large majorité du conseil qui compte 209 élus, y compris les voix des socialistes qui en ont néanmoins « regretté la frilosité ».

Les écologistes et le Front de Gauche se sont abstenus (29 voix) et le Front National, dénonçant une charte « illégale, inutile et redondante », a voté contre (22 voix).

Le texte prévoit que les élus ne peuvent pas faire embaucher au sein de la région des membres de leur famille (sauf concours ou compétences reconnues).

Il « invite » les élus à déclarer leur patrimoine et leurs intérêts et leur demande le cas échéant de quitter leur logement social « sauf situations individuelles » qui seront examinées par une commission d’éthique, une proposition de la gauche acceptée par la majorité.

Les opposants, avec dans leur ligne de mire trois vice-présidents également parlementaires, ont réclamé, en vain, que la charte intègre l’interdiction du cumul de ces mandats.

Le débat a été l’occasion pour droite et gauche de se lancer des petites piques sur les mini-polémiques surgies pendant la campagne électorale.

Mme Pécresse a ainsi rappelé la condamnation pour prise illégale d’intérêts de son prédécesseur Jean-Paul Huchon (PS) alors que le chef du groupe PS Carlos Da Silva ironisait : « Je tiens à vous rassurer, vous êtes bien présidente. Vous n’êtes plus en campagne ».

Le chef du groupe FN Wallerand de Saint Just a pour sa part, en début de séance, accusé la présidente de « parquer » les élus FN tout en haut de l’hémicycle, avec un « cordon sanitaire » de places vides autour d’eux.

Mme Pécresse a par ailleurs annoncé qu’elle allait « lancer un audit sur les finances de la région », après avoir hérité d’une « situation financière explosive ».

 

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