« Super promo, bébé en boîte » : les personnels des crèches manifestent

Enfance et famille

« Super promo, bébé en boîte » : plusieurs rassemblements ou manifestations avaient lieu jeudi 3 juin 2021 dans plusieurs villes de France contre la réforme des modes de garde dans les crèches.

Une vingtaine de rassemblements ou défilés étaient prévus notamment à Paris, Lyon ou Rennes, ainsi que des grèves contre le projet du secrétaire d’État à l’Enfance Adrien Taquet, à l’appel du collectif « Pas de bébé à la consigne » et soutenus par des syndicats et organisations professionnelles de crèches, craignant une détérioration de l’accompagnement des tout-petits.

La réforme prévoit notamment de modifier le taux d’encadrement des enfants : si actuellement un adulte s’occupe de cinq bébés qui ne marchent pas, et un autre, de huit enfants qui marchent, la réforme offre la possibilité aux gestionnaires de crèches d’opter pour une personne chargée de six bambins, quel que soit leur âge.

« Les bébés ne sont pas des sardines » : À Paris, quelque 200 personnes, selon les organisateurs, ont défilé en milieu de matinée, du théâtre de l’Odéon au ministère de la Santé et des solidarités, vêtus de T-shirt représentant un enfant dans une boîte à sardines et brandissant des pancartes comme « Taquet, ta réforme tu dois l’oublier ».

Pour Julia Baudry, 31 ans, éducatrice de jeunes enfants à Montrouge, la réforme va ajouter de la fatigue déjà présente dans son « service en sous-effectif », ce qui risque d’affecter les tout-petits. « On va faire du travail à la chaîne alors qu’on a besoin de temps, de se poser » avec chaque enfant, craint-elle.

La réforme prévoit « plus d’enfants, moins de personnels qualifiés et moins de mètres carrés pour chaque bambin. C’est une équation compliquée », ajoute Catherine Blanc Rousset, présidente de la fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (FNEJE) pour Auvergne-Rhône-Alpes, présente à Lyon où 150 personnes ont manifesté.

Autre point de blocage selon le collectif : les apprentis seront comptés dans l’encadrement et pourraient donc être sur un poste occupé actuellement par un diplômé.

« On va leur demander une responsabilité énorme en s’occupant de tout-petits sans avoir fini leur formation », proteste Morgane, 30 ans, à Paris.

À Rennes, une trentaine de manifestants se sont rassemblés. « Nous voulons informer les familles de l’impact que pourrait avoir cette réforme sur le développement de leurs enfants », a expliqué Camille Bazerque, employée dans une crèche associative rennaise.

Dans un courrier envoyé lundi 31 mai 2021 au collectif et consulté par l’AFP, M. Taquet défend son projet et considère que « la concertation de la réforme est close ».

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