Le bac déjà présent dans tous les esprits des lycéens de Première

Jeunesse

À peine quelques semaines après la rentrée, le bac est déjà présent dans tous les esprits des élèves de Première, qui expérimentent cette année la réforme du lycée, mais restent encore « dans le flou » sur ce qui les attend vraiment.

« Pas une journée ne se passe sans qu’un prof nous rappelle qu’on joue notre bac en permanence », raconte Pénélope, lycéenne à Paris.

Les élèves de Première ont parfois l’impression d’essuyer les plâtres. Dès cette année, ils ont dû choisir trois « spécialités » qui ont remplacé les traditionnelles séries S, ES et L. Ils seront ensuite les premiers à éprouver une réforme qui doit voir disparaître le baccalauréat sous sa forme actuelle en juin 2021.

Le bac nouvelle formule consistera en quatre épreuves écrites et un grand oral en Terminale, comptant pour 60 %. Le reste de la note s’appuiera (pour 30 %) sur des épreuves communes, que les élèves commenceront à passer dès le début de l’année prochaine, et sur les bulletins scolaires de la Première et la Terminale (pour 10 %).

« À la rentrée, on nous a parlé direct du bac, car les premières épreuves sont censées arriver dès janvier », témoigne Lucie Maloisel, lycéenne dans la Manche. « Je ne sais pas si je vais tenir toute l’année avec cette pression ».

Mais la jeune fille voit aussi le bon côté de la réforme : « le bac, on va le passer petit à petit, il y aura moins de stress à la fin ».

En voie générale seront notamment évalués en début d’année prochaine l’histoire-géographie, les langues vivantes et le nouvel « enseignement scientifique ».

« C’est très tôt dans l’année, je ne sais pas si on sera prêts », s’inquiète Cécile Le Liboux, lycéenne en Bretagne, tout en se réjouissant que la prise en compte du contrôle continu permette de « valoriser les élèves qui travaillent tout le temps ».

« Dans le flou »

Comment seront organisées concrètement les épreuves communes qui compteront pour le bac ?

Pour garantir l’égalité entre les candidats et les établissements scolaires, une « banque nationale numérique de sujets » doit être mise en place et les copies anonymes seront corrigées par d’autres professeurs que ceux de l’élève.

Un comité de suivi sur la réforme a été mis en place pour réfléchir notamment au déroulement des épreuves de contrôle continu.

Philippe Vincent, secrétaire national du premier syndicat de proviseurs (SNPDEN), concède qu’il s’agit désormais de « la question majeure à régler » : « il faut que les établissements sachent sur quel pied danser avant les vacances de Noël ».

Pour le moment, les lycéens restent « dans le flou », comme souvent bon nombre de leurs professeurs.

« Tout le monde a l’air d’être un peu perdu, on ne sait pas trop comment ça va se passer », confie Gabriel, en Première dans un lycée parisien. Seule certitude : « pour avoir le bac, je me dis que je dois travailler tout le temps et avoir de bonnes notes toute l’année ».

Certains élèves scolarisés dans des lycées particulièrement exigeants craignent d’être pénalisés par des notes plus sévères, qui compteront désormais pour le bac.

« Chaque établissement note différemment », souligne ainsi Pénélope, élève d’un bon lycée de la capitale. Depuis la rentrée, une de ses camarades ressort « en pleurant de chaque cours de maths », tétanisée par « l’enjeu » d’une évaluation continue.

Nour Smili, élève dans le Lot-et-Garonne, se félicite pour sa part de la diminution du nombre d’épreuves en Terminale : « ce sera moins fatiguant l’an prochain », espère-t-elle.

En attendant, elle s’inquiète d’une très forte différence de niveau par rapport à la Seconde, notamment en maths. « L’an dernier, j’étais très à l’aise, là on a plutôt l’impression d’être en Terminale S. Mais les profs nous disent qu’on va s’habituer… »

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