Rentrée scolaire : priorité donnée au primaire mais la réforme du lycée inquiète

Éducation

Pour sa troisième rentrée, le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, va réaffirmer mardi 27 août 2019 la priorité donnée à l’école primaire et promouvoir sa réforme du baccalauréat, dont la mise en œuvre au lycée cette année suscite des inquiétudes.

À quelques jours de la rentrée, le 2 septembre, des quelque 12,4 millions d’élèves et 870 000 enseignants, il devrait, lors de sa conférence de presse rituelle, défendre ses réformes, menées au pas de course depuis son arrivée rue de Grenelle.

L’école primaire reste la « priorité » du gouvernement, comme le stipule la circulaire envoyée fin mai aux recteurs, inspecteurs et directeurs d’établissement.

Mesure-phare du projet de loi « pour une école de la confiance » voté cet été, l’abaissement à trois ans de l’âge de l’instruction obligatoire, contre six aujourd’hui, traduit cette ambition et insiste sur l’importance de  l’école maternelle. Concrètement, la mesure ne concernera que 26 000 enfants qui ne fréquentent pas l’école actuellement (98 % vont déjà en maternelle dès cet âge). C’est toutefois un enjeu majeur pour certains territoires comme Mayotte ou la Guyane.

Par ailleurs, la réduction des effectifs dans les classes de CP et CE1 des quartiers défavorisés en Rep et Rep+ s’achève cette année, sauf en Seine-Saint-Denis ou dans certains quartiers de Marseille, où le dispositif se heurte à un manque de salles de classes, qui empêche un réel dédoublement.

Au printemps, le président Emmanuel Macron avait annoncé que la mesure serait étendue progressivement aux classes de grande section en éducation prioritaire et que les effectifs seraient limités à 24 élèves dans toutes les classes de grande section, CP et CE1 d’ici la fin du quinquennat.

« C’est une bonne nouvelle mais on va demander au ministre comment il compte faire, car la baisse de la démographie ne suffira pas et il ne va pas falloir gonfler les effectifs des autres classes », a prévenu lundi 26 août Francette Popineau, secrétaire générale du Snuipp-FSU, le premier syndicat des enseignants du primaire.

Le syndicat s’inquiète que la loi Blanquer, dont un certain nombre de mesures – retirées depuis – ont largement irrité le monde enseignant au printemps, comporte « peu de changements qui vont aider à mieux faire réussir les élèves ».

 « Rentrée pleine d’incertitudes »

Mises en place l’an dernier en CP, CE1 et 6e, les évaluations des élèves, très décriées par une partie des professeurs, sont maintenues mais revues pour tenir compte des critiques. Pour le Snuipp-FSU, elles restent inutiles et « de nombreux enseignants vont faire en sorte de bien noter tous leurs élèves pour les rendre caduques », prédit Mme Popineau.

Autre chantier du gouvernement auquel s’est attaqué M. Blanquer : la délicate réforme du bac, qui doit être effective en 2021. Cette réforme, qui réduira le nombre d’épreuves finales au profit du contrôle continu, s’accompagne d’une refonte de l’enseignement au lycée. Cette année, les séries (L, ES et S) sont supprimées en classe de Première et remplacées par de enseignements de spécialité. La réforme a cristallisé les oppositions de ceux qui craignent l’instauration d’un examen « local » et non plus national, jusqu’à rejaillir fin juin sur le bac, entaché par une grève des correcteurs.

Plusieurs organisations syndicales ont d’ores et déjà annoncé le dépôt de préavis de grève en septembre pour d’éventuelles nouvelles actions.

« Les raisons de la colère sont là, cette rentrée va être compliquée car elle est pleine d’incertitudes », affirme Claire Guéville, secrétaire nationale du Snes-FSU, premier syndicat dans le secondaire, opposé à la réforme.

Ce mardi, Jean-Michel Blanquer devrait aussi insister sur l’importance donnée au développement durable et aux efforts faits pour mieux accompagner les élèves handicapés.

Les familles d’élèves handicapés seront mieux accompagnées à la rentrée avec une cellule de réponse concernant la prise en charge de leur dossier, a promis le gouvernement, qui s’est aussi engagé à reconnaître le métier d’accompagnant.

A été votée la création de pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL), expérimentés depuis la rentrée 2018 dans toutes les académies. Cette mesure, qui vise à mutualiser systématiquement les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), doit permettre d’accompagner au plus près les besoins pédagogiques de chaque élève. Mais elle risque de renforcer une gestion mathématiques des besoins, redoute des syndicats.

Jean-Michel Blanquer devrait aussi dévoiler enfin le plan sur les violences à l’école, repoussé à maintes reprises. Ce plan avait été promis en octobre dernier après la vidéo montrant un élève en train de menacer sa professeur avec une arme factice dans un lycée de Créteil (Val-de-Marne), des images qui avaient suscité un vif émoi.

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