L’origine sociale a une influence déterminante sur l’accès aux diplômes selon France Stratégie

Jeunesse

L’inégalité des chances en France est d’abord « éducative », les personnes issues de milieux modestes ayant beaucoup moins de chances que les enfants de cadres d’accéder à de longues études, donc à des revenus élevés, conclut une étude publiée jeudi 5 juillet à partir de données statistiques portant sur 80 000 personnes.

« Si on veut essayer de lutter contre l’inégalité des chances, le premier sujet c’est de tout faire pour que, lorsque vous êtes enfant, vous ayez la possibilité d’étudier le plus longtemps possible », a résumé Fabrice Lenglart, Commissaire général adjoint de France Stratégie, institut d’études rattaché à Matignon.

« Si vous êtes issu d’un milieu social défavorisé et que vous parvenez à obtenir des diplômes d’enseignement supérieur, votre niveau de vie sera bien plus élevé que celui de vos parents », note M. Lenglart.

Le problème, c’est que cette étude, intitulée « Nés sous la même étoile ? », « montre à quel point il est plus difficile pour les enfants d’ouvriers d’accéder à ces diplômes d’enseignement supérieur que pour les enfants de cadres », note le haut fonctionnaire, qui en conclut que « l’ascenseur social fonctionne assez mal en France ».

Les auteurs ont utilisé les données statistiques d’un échantillon d’environ 80 000 personnes âgées de 27 à 44 ans. Ils ont croisé les revenus déclarés au fisc par ces individus avec les données issus d’un recensement pratiqué lorsqu’ils étaient enfants ou adolescents, ce qui permet de connaître la profession de leur père. Celle de la mère n’est pas prise en compte, en raison d’un nombre trop élevé de mères sans activité.

Sans surprise, les enfants de cadres ont plus de chances d’avoir des revenus élevés une fois devenus adultes que les enfants d’ouvriers, mais « les résultats surprennent moins par le constat lui-même que par leur ampleur », détaillent les auteurs de l’étude.

Ainsi, un enfant de cadre supérieur a 4,5 fois plus de chances qu’un enfant d’ouvrier d’appartenir aux 20 % de la population la plus aisée.

À l’inverse, le sexe et l’âge des jeunes adultes étudiés, ainsi que l’éventuelle origine étrangère de leurs parents, jouent un rôle bien moindre dans les inégalités que le milieu social dont ils sont issus.

Les écarts de niveau de vie liés à l’origine sociale des individus peuvent être expliqués pour « environ la moitié » par le niveau de diplôme atteint, selon l’étude. Et même à plus de la moitié, si on prend en compte la situation du conjoint, avec cette caractéristique que, souvent, « les diplômés sont en couple avec des diplômés ».

Au-delà du diplôme, les écarts de revenus s’expliquent par d’autres facteurs « résiduels », comme l’influence du réseau social des personnes issues de milieux favorisés, ou le patrimoine hérité de leurs parents.

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