Quelles différences entre jeunes ruraux et jeunes urbains ?

Jeunesse

Les jeunes ruraux sont moins souvent en cours d’études mais plus souvent en emploi que les jeunes urbains.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère des Solidarités et de la Santé a récemment publié une étude sur les différences entre les jeunes ruraux et les jeunes urbains en matière d’études, d’emploi et de ressources (Études & Résultats n° 1155, juillet 2020). Fin 2014, 1,2 million de jeunes âgés de 18 à 24 ans vivaient dans les territoires ruraux, soit un quart des jeunes adultes à ces âges, rappelle la Drees. Le territoire où vivent les jeunes adultes n’est pas forcément celui où ils ont grandi, observe l’étude. Les jeunes quittent plus souvent les territoires ruraux pour les zones urbaines. Ainsi, quand les parents vivent en milieu rural, 26 % des jeunes habitent dans une commune urbaine, alors que, quand les parents vivent en zone urbaine, seulement 2 % des jeunes habitent dans une commune rurale. « Cette mobilité asymétrique peut contribuer à expliquer certaines caractéristiques de la population des jeunes ruraux », avance l’auteure de l’étude. De fait, les jeunes adultes en zone rurale sont un peu plus jeunes, plus souvent des hommes et issus d’un milieu populaire. Par ailleurs, entre 18 et 24 ans, les jeunes ruraux sont plus souvent en couple : 36 %, contre 27 % des jeunes urbains.

Les jeunes ruraux sont moins souvent en cours d’études que les jeunes urbains, y compris en apprentissage (42 % d’étudiants, contre 52 % en zone urbaine). En effet, les jeunes habitant en territoire rural visent des études plus courtes : ils sont 47 % à souhaiter atteindre au plus un bac+3 lorsqu’ils sont encore en cours d’études, contre 33 % chez les urbains, et seulement 31 % un niveau bac+5, contre 46 % chez les urbains. « Ces écarts sont significatifs à autres caractéristiques identiques », insiste la Drees. Enfin, le désir de suivre une formation en apprentissage est cité plus souvent par les jeunes ruraux (17 % contre 10 %).

Moins souvent en cours d’études, les jeunes ruraux sont, en revanche, 36 % à être en emploi, contre seulement 29 % des jeunes urbains. Parmi ceux qui ne sont pas en cours d’études, les jeunes sont aussi souvent en emploi en zone rurale qu’urbaine (62 % et 60 %). C’est vrai pour les hommes comme pour les femmes, note l’étude. Particularité : les territoires ruraux sont marqués par des inégalités de genre que l’on n’observe pas en zone urbaine. À autres caractéristiques identiques, l’accès à l’emploi des jeunes femmes qui ne sont pas en cours d’études y est inférieur de 9,8 points à celui des hommes. Selon la Drees, la structure spécifique de l’emploi dans les zones rurales peut, notamment, être un des facteurs explicatifs.

Les ressources perçues sont équivalentes entre jeunes ruraux et urbains. En moyenne, les jeunes ruraux perçoivent 815 euros par mois. Ces ressources se composent de revenus du travail (66 %), d’aides sociales (17 %) et d’aides parentales (17 %). Un jeune urbain reçoit, quant à lui, 765 euros, dont 56 % des revenus du travail, 19 % des aides sociales et 25 % des aides parentales. Ainsi, la structure des ressources d’un jeune diffère selon qu’il vit en territoire rural ou urbain.

Les jeunes ruraux perçoivent moins souvent des prestations sociales : 32 %, contre 38 % des jeunes urbains. Ils perçoivent, notamment, moins de bourses étudiantes – étant moins souvent étudiants – et d’aides au logement, car ils vivent plus fréquemment chez leurs parents. Parmi les étudiants, la proportion de bénéficiaires de bourse ne diffère pas significativement entre jeunes ruraux et urbains. En revanche, les jeunes ruraux qui habitent partiellement ou qui n’habitent plus chez leurs parents sont moins souvent bénéficiaires d’aides au logement (45 % contre 55 % en zone urbaine). Toutefois, lorsque des aides sociales sont allouées aux jeunes ruraux, les montants mensuels versés s’avèrent plus élevés de 55 euros. En moyenne, les ressources provenant des aides sociales représentent pour les bénéficiaires environ 430 euros par mois en zone rurale, contre 370 euros en zone urbaine.

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