La Fondation Abbé Pierre réclame un plan national contre l’habitat indigne

Logement

Deux mois après l’effondrement d’immeubles qui a fait huit morts à Marseille, la Fondation Abbé Pierre a réclamé mercredi 9 janvier au gouvernement la mise en place d’un plan national contre l’habitat indigne, pour rénover « 60 000 logements par an ».

« Nous pensons qu’il faut a minima se fixer un objectif de 60 000 logements indignes rénové par an », a expliqué son délégué général, Christophe Robert.

À ce rythme, il faudrait « dix ans » pour sécuriser les 600 000 logements potentiellement indignes que compte la France, selon la Fondation Abbé Pierre – le ministère du Logement en compte lui 450 000.

« C’est sans doute beaucoup trop lent, mais ce serait déjà six fois mieux que ce que l’on fait aujourd’hui », a insisté M. Robert. En 2017, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) a rénové 11 300 logements et a ainsi réalisé 78 % de l’objectif fixé par l’État.

L’habitat indigne concerne « à peu près un million de personnes », a rappelé M. Robert.

« Quand on laisse pourrir des logements dans un certain nombre de territoires et cela a été le cas à Marseille, on tue », a-t-il estimé, en annonçant que la Fondation va se porter partie civile dans le cadre de l’information judiciaire ouverte après l’effondrement.

Après le drame dans la cité phocéenne, le ministre du Logement Julien Denormandie a souligné mercredi 9 janvier sur France Info les efforts du gouvernement : la loi Elan votée en décembre « a profondément renforcé l’arsenal juridique contre les marchands de sommeil », a-t-il rappelé.

« On ne peut pas simplement se contenter de dire : j’ai fait, j’ai mis des moyens. Si les collectivités ne jouent pas le jeu, des personnes vont continuer à mourir », a rétorqué M. Robert. « À Marseille, 40 000 logements avaient été identifiés comme dangereux et pourtant les logements étaient encore là et les ménages pauvres dedans ».

Au-delà du cadre législatif, la Fondation souhaite que l’État passe des contrats avec les collectivités locales pour rénover des logements et qu’il puisse se substituer à elles en cas d’inaction de leur part.

Elle réclame aussi plus de moyens sur le terrain, pour accompagner les ménages qui n’osent pas entamer de procédure contre les marchands de sommeil, de peur d’être expulsés de leur logement. Ou pour renforcer les équipes des agences régionales de santé, chargés de suivre les logements insalubres.

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