De nouvelles mesures pour lutter contre l’illettrisme

Lutte contre les exclusions

La ministre du Travail va concrétiser plusieurs propositions émanant d’une récente mission relative à la lutte contre l’illettrisme.

Selon les dernières statistiques nationales disponibles, datant de 2011, 2,5 millions de personnes sont en situation d’illettrisme, rappelle la ministre du Travail. Pour Muriel Pénicaud, « l’illettrisme et l’illectronisme sont souvent et malheureusement cachés. C’est la responsabilité de tous, et de l’État en dernier ressort, d’aider les personnes concernées à sortir de cette situation. C’est un enjeu de liberté individuelle pour les personnes, de responsabilité sociale pour les entreprises et de protection d’un droit fondamental pour l’État ».

Missionnés en juin 2019 par la ministre pour élaborer des propositions en vue de définir une stratégie de prévention et de lutte contre l’illettrisme, Yves Hinnekint, directeur général d’OPCALIA, et Christian Janin, ancien président du Comité paritaire interprofessionnel national de l’emploi et de la formation (COPANEF), ont rendu leur rapport en octobre 2019. Leurs propositions s’articulent autour de quatre axes : nommer l’illettrisme et mesurer les résultats ; mettre en place une stratégie d’accompagnement adéquate pour chaque personne en situation d’illettrisme ; dans l’entreprise, mettre en évidence les coûts de l’illettrisme et accompagner les salariés pour s’en sortir ; tirer pour l’avenir les conséquences de ces propositions en matière de gouvernance.

À l’occasion de l’assemblée générale de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI), le ministère du Travail a précisé, le 2 décembre 2019, les suites qu’il entendait donner aux propositions formulées par Christian Janin et Yves Hinnekint. D’ores et déjà, les propositions suivantes ont été retenues :

  • Faire de l’évaluation préalable CLéA l’outil de référence gratuit pour tous, à utiliser par tous les accueillants de personnes en insertion, en recherche d’emploi. CléA et CléA numérique sont des référentiels travaillés en commun par les partenaires sociaux et l’État permettant de valoriser les savoirs, savoir-faire et savoir-être relatifs aux compétences de base, via un « scoring » de ces compétences ;
  • Élaborer et diffuser un outil de diagnostic pour les entreprises mettant en évidence le coût de l’illettrisme ;
  • Mobiliser les branches et les opérateurs de compétences (OPCO) pour élaborer des politiques de lutte contre l’illettrisme ;
  • Consolider et développer un réseau de correspondants illettrisme, œuvrant, sous la responsabilité de l’ANLCI, sur l’ensemble du territoire métropolitain, ainsi que les DOM. Actuellement, sept régions n’ont aucun correspondant : Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, PACA, Pays de Loire, Corse, Guadeloupe et Guyane ;
  • Mettre en place, de façon pérenne, un outil de mesure de la situation de l’illettrisme en France ;
  • Renforcer le rôle de l’ANLC, en incluant toutes les régions et tous les OPCO, et en créant un bureau, instance resserrée de gouvernance.

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