Les bénéficiaires des minima sociaux toujours plus nombreux

Lutte contre les exclusions

Le nombre de bénéficiaires des minima sociaux a augmenté de plus de 4 % en 2012, selon les derniers chiffres publiés par la Drees.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) vient de publier son recueil annuel intitulé « Minima sociaux et prestations sociales – Ménages aux revenus modestes et redistribution ». Cet ouvrage analyse le rôle et l’impact des prestations sur la réduction de la pauvreté, mais aussi la fragilité des conditions de vie des ménages, et esquisse un portrait social des personnes les plus vulnérables, indique cette direction commune à plusieurs ministères, dont le ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes.
 

La deuxième plus forte hausse en 20 ans

Selon la Drees, près de 3,8 millions de personnes ont perçu un des neuf minima sociaux en 2012. Ce nombre a ainsi bondi de 4,4 % en un an, après les hausses de 2,5 % enregistrées en 2011 et 2010. Avec les conjoints et les enfants à charge, ce sont donc 6,8 millions de personnes qui sont couvertes par ces aides, soit 10,4 % de la population !

« C’est la deuxième plus forte augmentation constatée en vingt ans, après celle de 2009 (+ 6,2 %), année de forte crise économique », commente la Drees. Elle explique cette tendance, en grande partie, par l’envolée du chômage qui, pour la première fois depuis 1999, dépasse les 10 % de la population active.
 

Les minima sociaux dédiés à l’insertion en forte progression

Dans ce contexte d’un marché de l’emploi dégradé, tous les effectifs des minima dédiés à l’insertion s’accroissent, constate la Drees. Les allocataires de l’allocation spécifique de solidarité (ASS), versée à ceux ayant épuisé leurs droits à l’assurance chômage, sont toujours plus nombreux (+ 11,2 %). Tout comme ceux percevant le RSA socle, exclus de tout emploi ou presque (+ 6,2 %) : à eux seuls, ils représentent près de la moitié de l’ensemble des bénéficiaires. Même constat pour les titulaires de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), qui progressent de 2,7 %.
 

Le profil et les trajectoires des publics les plus fragiles

Les ménages les plus pauvres vivent en partie grâce aux aides sociales (43 % des revenus), constituées de prestations familiales, d’aides au logement, de minima sociaux et de la prime pour l’emploi (PPE). Ces dispositifs permettent de réduire de 8 points le taux de pauvreté, indique la Drees.

À partir d’une enquête inédite, cet ouvrage s’est également penché sur le profil et les trajectoires des publics les plus fragiles, comme ceux bénéficiant d’un revenu minimum. Faiblement insérés dans le tissu social, ces derniers rencontrent des difficultés de logement, vivent souvent seuls ou en famille monoparentale (56 % contre 35 % pour le reste de la population), et plus d’un tiers n’ont aucun diplôme, soit cinq fois plus que le reste de la population.

Quant aux nombreux ménages dits « modestes », dont les revenus se situent juste au-dessus du seuil de pauvreté, leur risque de vivre durablement dans des conditions matérielles très dégradées est élevé. « Et c’est l’un des enseignements de cette édition : les situations de fragilité sociale ne sont pas forcément passagères », conclut amèrement la Drees.

 

Source : Minima sociaux et prestations sociales – Ménages aux revenus modestes et redistribution, Drees, 9 décembre 2014

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