Des collectivités qui peinent à s’assurer malgré certaines mesures gouvernementales
Selon la député, de nombreuses collectivités locales font état d’une hausse significative de leurs primes d’assurance, d’un relèvement des franchises, d’une réduction des garanties proposées, voire de l’absence de toute offre en réponse à leurs marchés publics. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les petites collectivités qui disposent de marges de manœuvre budgétaires limitées et se trouvent parfois dans l’incapacité de garantir la continuité de leur couverture assurantielle. Les travaux conduits ces derniers mois par plusieurs instances ont mis en évidence une dégradation de l’assurabilité des collectivités sous l’effet conjugué de plusieurs phénomènes : intensification des risques climatiques, hausse du coût des sinistres, violences urbaines. Selon la réponse ministérielle, l’État, en complément des assurances, a apporté une aide aux collectivités via un outil spécifique, créé en réponse à un contexte particulier. Du fait de la sinistralité croissante liée notamment à la recrudescence des aléas climatiques et à l’apparition de risques nouveaux, certains assureurs ont quitté le marché de l’assurance des collectivités dans un contexte d’offre assurantielle réduite et marquée par des équilibres techniques difficiles à trouver pour les acteurs présents. Un nombre significatif de collectivités ont rencontré de plus en plus de difficultés à s’assurer. Cette raréfaction de l’offre assurantielle pour les acheteurs publics s’est traduite par une pression à la hausse des primes, voire par l’absence de réponse à certains appels d’offres. En 2024, pour l’ensemble des collectivités locales, l’augmentation moyenne a été de + 22,9 %, contre + 11,2 % l’année précédente. En un an, ce rebond a représenté 220 millions d’euros supplémentaires, pour un total de 1,175 milliards d’euros. En outre, pour les contrats existants, certains assureurs ont fait application des dispositions législatives du Code des assurances pour résilier les contrats ou imposer des conditions tarifaires difficilement soutenables. Les dispositions législatives du Code des assurances autorisent en effet les assureurs à résilier de façon anticipée et unilatérale leurs contrats en cas d’aggravation du risque (article L. 113-4 du Code des assurances).
Réfléchir en amont lors de la définition du besoin à la couverture des risques essentiels
L’évaluation du risque et de la valeur assurée avec le plus haut degré de précision possible est, pour les collectivités, une condition indispensable pour faciliter le dialogue avec les assureurs et accroître leurs chances d’obtenir des réponses aux appels d’offres. Par ailleurs, plutôt que de chercher une couverture totale du risque, une évaluation préalable détaillée permet d’accepter des franchises et primes en adéquation avec les réalités économiques de la collectivité et d’envisager l’auto-assurance dans certains cas. La mise en œuvre d’une politique ambitieuse de prévention et de protection contre les risques est donc fondamentale pour réduire le coût de l’assurance. Par exemple, il existe une corrélation forte entre l’existence d’un plan de prévention du risque inondation sur un territoire et la fréquence des sinistres. À ce titre, l’État a porté à 300 millions d’euros, dans la loi de finances pour 2025, le budget alloué au Fonds de prévention des risques naturels majeurs (dit « fonds Barnier »), qui peut être mobilisé par les collectivités pour financer des dépenses d’investissement afin de réaliser des études, des travaux ou des équipements de prévention ou de protection contre les risques naturels. Les difficultés rencontrées dans l’exécution des contrats d’assurance, et en particulier la crainte de la résiliation unilatérale par l’assureur, doivent inciter les collectivités à délimiter le plus précisément possible la notion d’« aggravation du risque » dans le contrat afin de limiter les conditions de résiliation unilatérale. Elles peuvent également inclure dans le marché public des clauses encadrant l’évolution de son prix. Dans le but d’éviter une augmentation excessive du montant des primes en cours d’exécution du contrat, les collectivités peuvent prévoir une clause permettant de réduire les risques à garantir en cas de hausse anormale de la sinistralité, ou bien encore une clause de sauvegarde permettant de résilier le contrat sans indemnité si l’augmentation de la prime dépasse un certain montant ou pourcentage. À noter, la création de la cellule CollectivAssur qui est opérationnelle depuis le 1er juillet 2025. Elle accompagne les collectivités n’étant pas parvenues à trouver de solution d’assurance ou connaissant des difficultés avec leur assureur. CollectivAssur s’engage à recontacter une collectivité ayant complété le formulaire de saisie disponible sur son site sous 3 jours ouvrés.
Dominique Niay
Texte de référence : Question écrite n° 17247 de Mme Michèle Tabarot [Alpes-Maritimes (9e circonscription) – Droite Républicaine], du 28 juillet 2026, Réponse publiée au JOAN du 1er septembre 2026, p. 7 886