Favoriser le départ en vacances des travailleurs handicapés des ESAT

Personnes handicapées

À l’approche de l’été, l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV) et le Comité national coordination action handicap (CCAH) renouvellent leur programme d’aide au départ en vacances pour les travailleurs handicapés.

En France, très peu des 115 000 travailleurs handicapés exerçant une activité dans les quelque 1 500 établissements et services d’aides par le travail (ESAT) ont l’occasion de partir en vacances. Pour des raisons économiques, par manque d’autonomie. En effet, ceux-ci bénéficient de peu de moyens pour partir en vacances et le surcoût lié au handicap augmente considérablement le prix des séjours adaptés.

« Forte de ce constat et parce que le handicap est inscrit au cœur de ses programmes d’action sociale », l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV) a lancé, en 2009, un dispositif d’aide au départ en vacances pour les usagers des ESAT, en partenariat avec les membres adhérents du Comité national coordination action handicap (CCAH). Ce programme se traduit par la mise en place de Chèque-Vacances dans les ESAT, avec la constitution d’une épargne vacances impliquant l’usager handicapé et la structure (150 euros minimum).

Le surcoût lié au handicap est cofinancé par l’ANCV (350 euros) et par les adhérents du CCAH (200 euros), sous forme de Chèques-Vacances. « Ce dispositif innovant est destiné aux travailleurs handicapés des ESAT et aux anciens travailleurs vieillissants vivant dans des foyers d’hébergement », précisent ses promoteurs.

En 2010, l’ANCV a alloué 1 million d’euros à ce programme d’aide au départ en vacances pour les usagers d’ESAT. Plus de 1 300 travailleurs handicapés, issus de plus de 60 ESAT conventionnés répartis sur l’ensemble du territoire, ont ainsi pu bénéficier de cette aide au départ en vacances.

Les directeurs d’ESAT concernés évoquent « le réel besoin en matière d’accès aux vacances et une vraie bouffée d’oxygène pour les travailleurs handicapés, dont les revenus ne permettent pas toujours un accès aux vacances, ni même aux loisirs ». De fait, l’aspect pédagogique du programme, qui vise à impliquer le travailleur dans l’organisation de son séjour, « met en exergue le désir de changement d’environnement, de découverte culturelle, de rencontres et, également, le besoin de repos et de détente », rapport l’ANCV et le CCAH.

L’examen des projets vacances présentés en 2010 a permis de déterminer un profil de bénéficiaires :

– 52 % des travailleurs handicapés ayant bénéficié de l’aide vivent en foyers d’hébergement ;

– 47,5 % en logement autonome ou en famille.

Sur l’ensemble des projets, 87 % des séjours correspondaient à des séjours adaptés, organisés par des prestataires spécialisés et agréés, 7 % à des séjours en milieu ordinaire et 6 % à des séjours organisés en famille. Les séjours d’une durée de 2 semaines et plus représentent la majorité des projets (79 %) et se sont déroulés en été (97 %).

En décembre 2010, l’appel à projets pour les vacances 2011 a été envoyé à tous les ESAT de France. D’ores et déjà, l’ANCV et le CCAH constatent une augmentation des dossiers de demandes d’aides au départ en vacances. Cette année, leur objectif est de « doubler le nombre de bénéficiaires pour atteindre 3 000 départs ». « Ce dispositif innovant répond aux missions de l’ANCV et du CCAH, explique Dominique Ktorza, directrice des politiques sociales de l’ANCV.

Notre partenariat, l’implication et l’intérêt portés par les caisses de retraite complémentaires démontrent sa pertinence sociale ». « Certaines personnes bénéficiant du programme de départ en vacances CCAH-ANCV n’avaient jamais eu l’occasion de partir en vacances au cours de leur vie. Participer à ce programme correspond parfaitement aux valeurs portées par le CCAH », complète Karine Reverte, directrice du CCAH.
 

Qui peut bénéficier du programme ?

– Les usagers des ESAT ou anciens travailleurs vivant en foyer d’hébergement, titulaires de l’AAH ou dont les ressources ne dépassent pas un quotient familial de 800 euros.

– Les aidants familiaux ou professionnels dont la présence est nécessaire, favorisant ainsi le départ en vacances des personnes handicapées en milieu ordinaire. Cette prise en charge pouvant aller jusqu’à 280 euros correspond à 50 % du montant de l’aide accordée au bénéficiaire par le CCAH et l’ANCV.
 

Quels sont les projets concernés ?

– Projets individuels ou collectifs, autonomes ou accompagnés ;

– Projets dont la durée minimale est de quatre nuitées consécutives ;

– Projets bénéficiant de l’implication financière des bénéficiaires ;

– Projets se déroulant sur les périodes des vacances d’été et de fin d’année.
 

Les différentes étapes d’un projet

Le programme est coordonné par le CCAH. Il se déroule en cinq étapes :

– Mise en place du Chèque-Vacances sous forme d’épargne : budget d’au moins 150 euros constitué d’une épargne usager et de l’abondement de l’établissement. La contribution de l’ESAT à l’acquisition de Chèques-Vacances au profit des travailleurs handicapés n’est soumise à aucune charge sociale.

– Construction du projet vacances : implication de l’usager et de l’ESAT, le projet de vacances devant véritablement s’inscrire dans le projet de vie et les aspirations des travailleurs handicapés.

– Demandes d’aide à enregistrer sur le site dédié de l’ANCV : http//projetsvacances.ancv.com

– Passage en commission d’attribution, composée de représentants de l’ANCV, des membres adhérents du CCAH et des associations représentatives des personnes en situation de handicap (APF et Unapei).

– Livraison par l’ANCV de Chèques-Vacances nominatifs aux ESAT.
 

Des informations complémentaires sur le programme sont disponibles sur le site du CCAH : www.ccah.fr

Posté le par Rédaction Weka

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