GALI : un nouvel indicateur pour mieux saisir le handicap

Personnes handicapées

L’indicateur synthétique GALI permet, en une seule question, de repérer quatre éléments constitutifs du handicap.

Pour repérer les personnes en situation de handicap et établir des statistiques sur leurs conditions de vie, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du ministère des Solidarités et de la Santé a décidé de se rallier à l’indicateur synthétique GALI. Cet indicateur global de restriction d’activité – pour Global Activity Limitation Indicator (GALI) – prend la forme, en français, d’une simple question :

« Êtes-vous limité(e), depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ?

  1. Oui, fortement limité(e)
  2. Oui, limité(e), mais pas fortement
  3. Non, pas limité(e) du tout »

Le GALI permet donc de poser une seule question incluant quatre éléments constitutifs du handicap. À savoir : sa dimension chronique (« depuis plus de 6 mois »), ses causes médicales (« problème de santé ») et le fait que l’on cherche à mesurer les conséquences sur les  activités (« limité dans les activités ») dans un contexte social donné (« que les gens font habituellement »). L’indicateur considère comme étant handicapées, au sens où elles présentent de fortes restrictions d’activité, les personnes répondant « oui, fortement » à cette question (désignée dans cette étude « GALI restreint »).

La population identifiée via l’indicateur est d’environ 4,9 millions de personnes de 16 ans ou plus (soit environ 9 % de cette population). Les données du GALI tirées des enquêtes SRCV (statistiques sur les ressources et les conditions de vie des ménages) et EEC (Enquête Emploi en continu), produites par l’Insee, s’avèrent précises et cohérentes pour la population âgée de 16 à 64 ans. En effet, 2,3 millions de personnes (soit 6 %) sont handicapées en utilisant cette définition du handicap. Elles sont un peu moins stables et cohérentes selon les sources pour les personnes de 65 ans et plus, qui sont entre 2 et 2,5 millions à être considérées comme handicapées selon cette définition, en fonction des différentes enquêtes.

« Le GALI "restreint" semble donc être un indicateur robuste pour repérer les personnes handicapées, en particulier pour les personnes âgées de 16 à 64 ans, même en cas de changement mineur de formulation de la question », estime la Drees. Toutefois, cet outil ne constitue pas le seul indicateur mobilisable pour repérer et mesurer la population handicapée, ajoute-t-elle. Ainsi, les données obtenues grâce au GALI gagnent à être croisées avec d’autres indicateurs, de manière à comprendre, le plus précisément possible, quelle population celui-ci repère ou ne repère pas. L’enquête Autonomie, actuellement en préparation par la Drees, devrait permettre de faire un grand pas en avant dans cette direction, tout en améliorant considérablement la connaissance des conditions de vie des personnes handicapées. L’ajout systématique de questions complémentaires au GALI, portant notamment sur les limitations fonctionnelles les plus fréquentes, dans le plus large nombre possible d’enquêtes statistiques y contribuerait également, conclut la Drees.

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