Vers une amélioration des services des Maisons départementales des handicapés

Personnes handicapées

Elles informent, accompagnent, et instruisent les demandes d’aides, mais sont parfois débordées : les 104 Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) vont faire l’objet d’un vaste chantier d’amélioration, pour les rendre plus efficaces et réduire les disparités entre territoires, ont annoncé jeudi 15 octobre 2020 le gouvernement et les départements.

Cette démarche vise à « simplifier la vie quotidienne des personnes handicapées », et notamment leur « accès aux droits », a expliqué à l’AFP la secrétaire d’État chargée du dossier, Sophie Cluzel, qui doit lancer à La Rochelle ce chantier d’« amélioration du service public », avec le président de l’Assemblée des départements de France Dominique Bussereau.

Le lancement de cette « feuille de route MDPH 2022 » se traduira notamment par la publication d’un « baromètre », lancé dès ce jeudi et actualisé ensuite tous les trimestres, et qui permettra au grand public de mesurer les progrès accomplis.

Cet indicateur inclura, pour chaque MDPH, des données sur le délai de traitement des demandes ou le taux de satisfaction des usagers. Il permettra également de vérifier que la structure se conforme aux instructions gouvernementales de délivrer désormais des droits « à vie », afin qu’une personne aveugle ou amputée n’ait plus à justifier régulièrement qu’elle est toujours handicapée.

Les MDPH constituent, pour les personnes handicapées, le principal guichet d’accès à leurs droits. Elles déterminent le taux d’incapacité des personnes et instruisent chaque année, pour 1,7 million de bénéficiaires, quelque 4,5 millions de demandes d’aides, qu’elles soient financières, matérielles ou humaines, pour la vie quotidienne, la scolarité ou l’insertion professionnelle.

Le gouvernement consacrera 25 millions d’euros en 2021 à ce chantier d’amélioration du service rendu, dont 10 millions « spécifiquement consacrés au rattrapage des retards les plus importants dans le traitement des demandes ». L’accent sera également mis sur la formation des professionnels.

Les disparités sont parfois importantes d’un département à l’autre, avec des délais de traitement qui peuvent aller de deux mois et demi à plus d’un an. Des différences qu’« on ne peut plus accepter », selon Mme Cluzel.

Pour l’association APF France Handicap, qui « salue la démarche », « il était temps que cette question » de l’efficacité des MDPH « soit mise sur le table ».

L’inéquité territoriale, « c’est une vraie question », pointe Malika Boubekeur, chargée de ces dossiers à l’association. Elle cite ainsi le cas d’une personne dont les droits, qui lui avaient été accordés à vie, ont été revus à la baisse par une autre MDPH, après un déménagement.

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