Les coûts de fonctionnement des crèches

Petite enfance

La CNAF analyse les coûts de fonctionnement des crèches.

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Action Sociale Structures d’accueil petite enfance : la nouvelle donne Voir le dossier

Afin de pouvoir identifier de nouveaux leviers de développement de l’offre d’accueil des jeunes enfants, la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) a confié au cabinet Ernst & Young, associé à Enéis Conseil, la réalisation d’une étude sur la compréhension des déterminants des coûts de fonctionnement des crèches. Ses résultats sont publiés dans le n° 163 (mai 2016) de l’e-ssentiel, la publication électronique de la Direction des statistiques, des études et de la recherche de la CNAF.

Sans surprise, la masse salariale représente le premier poste de dépenses des établissements. L’étude met en évidence les trois principales variables ayant un impact sur la variation des prix entre les structures : le statut juridique (public, associatif, privé), le taux d’occupation réel et le recours à l’externalisation.

Le prix de revient moyen

L’étude fait apparaître un prix de revient moyen de 10,18 euros par heure réalisée dans une crèche. En 2007, il s’établissait à 8 euros, soit une augmentation de près d’un quart (22,6 %) ! Ce prix de revient se révèle très variable, avec un écart-type de 3,3 euros. De fait, il s’avère plus élevé si le gestionnaire est une entreprise privée (11,54 euros), soit 2,29 euros supérieur à celui observé si le gestionnaire a un statut associatif, qui est de 9,25 euros. Les gestionnaires relevant du secteur public affichent un prix moyen de 10,64 euros.

Le coût de revient par heure réalisée varie également selon la région. Ainsi, il est de 11,28 euros dans l’agglomération parisienne, et relativement proche de la moyenne s’il se trouve en zone urbaine (10,02 euros) ou en zone rurale (9,84 euros). En revanche le prix de revient par heure réalisée varie relativement peu en fonction du type d’accueil.

Les charges de personnel représentent l’essentiel des coûts de fonctionnement

Les coûts de personnel représentent les trois quarts (74,7 %) des coûts d’une crèche. Les achats constituent le second poste de charge (7 % du total). Viennent ensuite, les amortissements et provisions (5,1 %), les services extérieurs (5 %). Le montant des charges de personnel par heure réalisée n’est pas directement comparable entre crèches suivant que celles-ci recourent ou non à des prestations externalisées (repas, nettoyage…). Néanmoins, l’étude montre que les coûts de personnel sont supérieurs lorsque le gestionnaire relève du secteur public : 9,28 euros par heure réalisée contre 6,83 euros pour un gestionnaire associatif et 6,52 euros pour les entreprises privées.

Les charges liées à l’immobilier représentent environ 10 % du prix de revient d’une heure réalisée en crèche. Les établissements du panel disposent en moyenne de 11,3 m² par place en moyenne, non significativement variable en fonction du statut juridique du gestionnaire, du type d’activité ou de la taille de la structure. En revanche, en région parisienne, ils ne disposent que de 8,75 m² par place. À noter : près de la moitié (48 %) des crèches sont propriétaires de leurs locaux, 24 % bénéficient de locaux mis à disposition et 28 % sont locataires.

Les charges d’achat représentent 7 % du coût horaire de la place en crèche, soit 0,70 euros par heure réalisée. Les achats non stockés de matières et de fournitures constitue la principale dépense des charges d’achat (6,1 % du coût total).

Les personnels rémunérés dans les crèches

L’enquête permet de décrire les personnels rémunérés dans les crèches. L’équipe de direction, dédiée à la gestion administrative, comprend, outre la fonction de directeur (dans 96 % des établissements), un directeur-adjoint (pour 53 % des établissements, hors micro-crèches). Les professionnels de santé sont moins représentés parmi les établissements du panel : seuls 57 % ont un médecin dans l’équipe et 40 % un psychologue. Enfin, 69 % des crèches emploient du personnel agent de service/d’entretien, linger ou cuisinier. « Il est étonnant de constater que ce taux est plus important pour les établissements qui pratiquent au moins une forme d’externalisation (repas/restauration, ou bien entretien extérieur, entretien intérieur, ou fonctions administratives support) », soulignent les auteurs de l’étude. Les éducateurs(rices) de jeunes enfants sont présents dans 79 % des crèches et les auxiliaires de puériculture dans 87 % des établissements enquêtés. Près de 70 % des crèches comptent, dans leur équipe dédiée à l’encadrement des enfants, des professionnels de moins de 3 ans d’expérience professionnelle : plus de 80 % des établissements gérés par le secteur associatif ou gérés par une entreprise privée sont dans ce cas, contre 57 % de ceux gérés par une structure publique.

L’impact prépondérant du statut juridique sur les coûts

Le statut juridique constitue le « principal facteur explicatif des écarts de coûts entre crèches », révèle l’étude. De fait, il explique 11 % des variations de coûts. Plus précisément, le fait pour une crèche d’avoir un gestionnaire public majore le prix de revient de 1,14 euros par rapport à un gestionnaire associatif et de 0,97 euro par rapport à un gestionnaire entreprise privée, ont calculé les auteurs de l’étude.

Parmi les autres facteurs explicatifs, figure le taux d’occupation (le ratio entre les heures réalisées et la capacité théorique d’accueil), qui explique 6,4 % de la variance des coûts. Selon l’étude, 10 % de taux d’occupation supplémentaire réduit le prix de revient de 56 centimes. Enfin, troisième facteur explicatif, le recours à l’externalisation, responsable de 6,1 % des variations de coûts observées.

Cette étude met en évidence « la grande dispersion » des coûts des crèches, concluent les auteurs. « Les facteurs pourtant nombreux décrivant leur activité, leurs pratiques de gestion ou de facturation semblent finalement assez peu explicatifs des coûts de ces structures, ce qui suggère que les variations de coûts pourraient avoir une composante propre au contexte de chaque structure. L’étude mériterait ainsi être prolongée par une prise en compte plus précise des rémunérations des personnels, mais surtout par une meilleure compréhension du modèle économique des crèches en rapprochant les coûts, des produits de ces structures. »

Pour en savoir plus : « Le coût de fonctionnement des crèches », in l’e-ssentiel, n° 163, mai 2016, Direction des statistiques, des études et de la recherche de la CNAF

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