Nouvelle mobilisation des professionnels de la petite enfance

Petite enfance

Pour la troisième fois en 6 mois, ces professionnels se mobilisent pour exiger du gouvernement « une politique petite enfance ambitieuse ! ».

Depuis plus d’un an, le gouvernement prépare une réforme des modes d’accueil de la petite enfance. Dans ce cadre, le collectif « Pas de bébés à la consigne ! » a adressé, début janvier, une nouvelle lettre ouverte au Premier ministre, à la ministre des Solidarités et de la Santé et à sa secrétaire d’État en charge de la réforme, Christelle Dubos. Le collectif s’inquiète vivement des arbitrages que la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) vient de rendre publics. Selon lui, ceux-ci maintiendraient le statu quo sur le taux d’encadrement et sur celui des personnels les plus qualifiés en établissement d’accueil du jeune enfant (EAJE). D’autres mesures « acteraient une régression de la qualité comme le calcul de l’accueil en surnombre en EAJE qui se traduirait par une dégradation des conditions d’accueil, avec la possibilité d’accueillir 15 % d’enfants supplémentaires entre 4 et 7 heures chaque jour », dénonce le collectif. Toujours selon lui, les dérogations de surface inscriraient dans la loi des inégalités de conditions d’accueil. Enfin, certaines mesures pourtant favorables à la qualité, comme la généralisation des temps de réflexion sur les pratiques professionnelles, « ne seraient adoptées qu’à titre expérimental ! »

Pour la troisième fois en 6 mois, les professionnels d’accueil de la petite enfance vont donc se mobiliser dans toute la France, le mardi 14 janvier, pour exiger « une réforme ambitieuse visant la qualité d’accueil dans tous les modes d’accueil ». « Votre gouvernement a l’occasion d’être le premier à innover dans ce sens, depuis de très nombreuses années », plaide le collectif « Pas de bébés à la consigne ! ». Au moment même où la commission d’experts sur les 1 000 premiers jours de la vie de l’enfant doit formuler ses propositions pour un accompagnement favorable au développement des jeunes enfants et à leur famille.

Pour le collectif « Pas de bébés à la consigne ! », la réforme des modes d’accueil de la petite enfance « doit au moins garantir » :

  • Un taux d’encadrement minimal en EAJE de 1 professionnel pour 5 enfants âgés de moins de 18 mois et de 1 professionnel pour 7 enfants de plus de 18 mois.
  • Une surface de 7m2 par enfant partout en France.
  • Une limite à 110 % d’accueil en surnombre en EAJE, avec une référence hebdomadaire à 100 % de l’effectif et non de la capacité horaire.
  • L’alignement des restes à charge en accueil individuel sur ceux pratiqués en EAJE.
  • La généralisation des temps de réflexion sur la pratique professionnelle dans tous les modes d’accueil.
  • L’élévation globale des niveaux de qualification des professionnel de l’accueil individuel et collectif, par la formation initiale et la formation continue diplômante.

« Monsieur le Premier ministre, Madame la ministre des Solidarités et de la Santé, Madame la secrétaire d’État en charge de la réforme des modes d’accueil, signez ainsi la réforme qui remettra à l’endroit l’accueil de la petite enfance ! », invite le collectif. Pour « Pas de bébés à la consigne ! », il est encore temps d’agir pour faire reculer le gouvernement « sur les mesures néfastes au titre de la qualité d’accueil et pour obtenir de véritables avancées pour les bébés et leurs parents, pour les professionnel des modes d’accueil ». Et de conclure en lançant un appel à la mobilisation : « Professionnel.les, parents, citoyen.nes, préparons-nous à déferler dans la rue le 14 janvier pour exiger du gouvernement une politique petite enfance ambitieuse ! »

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