Santé : à Limoges, les plus petits ne mangent que dans de la porcelaine

Petite enfance

Dès la rentrée, les enfants des crèches municipales de Limoges ne déjeuneront plus que dans des assiettes-plateaux en porcelaine : la ville a décidé de traquer les perturbateurs endocriniens dans ses crèches en bannissant les plateaux en plastique.

« Lutter contre les perturbateurs endocriniens, si néfastes pour la santé, s’imposait à nous », a indiqué à un correspondant de l’AFP Nadine Rivet, adjointe au maire chargée de la petite enfance à Limoges, labellisée Ville Santé Citoyenne, qui promeut le bien-être de ces citoyens.

Grâce à ces plateaux en forme de grande assiette à quatre compartiments, « on peut faire réchauffer la nourriture autant qu’on veut, sans risque », ajoute Mme Rivet, car les substances chimiques notamment présentes dans les plastiques comme la mélanine des plateaux-repas, sont accusées d’interférer avec le système endocrinien.

Il était par ailleurs « hors de question de choisir autre chose que de la porcelaine de Limoges pour les remplacer », a renchéri l’élue d’une ville mondialement connue pour sa porcelaine.

500 plateaux, créés spécialement par des sociétés locales, ont été pensés et dessinés par des étudiants en BTS et un procédé a été mis au point pour alléger le plateau, tout en gardant sa solidité.

« Contrairement à ce que l’on pense, la porcelaine, c’est du solide. Il n’y a aucun risque de casse », assure Nadine Rivet.

Le plateau pèse 640 grammes pour un coût unitaire de 15 euros.

« D’autres villes nous ont contactées, intéressées par ces plateaux », assure l’élue.

La distribution a débuté officiellement jeudi 29 août 2019 dans les douze crèches de la ville, qui accueillent chaque année 1 000 enfants.

« On est ravi que des crèches municipales s’engagent dans ce type de démarche, d’autant que cela s’inscrit dans un ensemble », a témoigné Vincent Bordes, papa d’une petite Anna, bientôt 2 ans.

« Même dans le contenu des assiettes, on est vigilant », assure la directrice de la crèche du Sablard, Séverine Mezeguer.

Les cuisiniers ont ainsi été formés à réduire la teneur en sel des repas des crèches et des écoles (- 33 % chez les 3-6 ans), en graisses et sucres.

À la crèche, les biberons en plastique ont aussi été remisés, les enfants sont lavés à l’eau – et avec du savon uniquement en cas de selles – et des nettoyeurs vapeur remplacent désormais les produits ménagers.

À l’extérieur, une centaine d’arbres allergènes ont été coupés dans les cours des crèches et d’écoles.

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