Limoges s’attaque aux perturbateurs endocriniens dès la petite enfance

Petite enfance

S’appuyant sur une démarche de promotion de la santé, Limoges a entrepris de supprimer les perturbateurs endocriniens dans une crèche expérimentale. Objectif : sensibiliser le grand public et notamment les familles mais aussi les différents services de la ville.

Engagée en faveur de la santé environnementale, Limoges (Haute-Vienne, 134 000 habitants) a entrepris de réduire les perturbateurs endocriniens (PE), responsables notamment de troubles de la croissance des fonctions reproductrices chez les plus jeunes enfants. Dans un premier temps, la commune a lancé une action prioritaire auprès des moins de 5 ans, en supprimant ces produits chimiques dans une crèche pilote, qui servira de modèle aux rénovations et aux extensions futures des structures de la petite enfance.

Dès 2016, la ville a mandaté un cabinet d’études pour identifier les perturbateurs endocriniens « avérés » (catégorie 1A) et « présumés » (catégorie B) au sein de la crèche. Des ateliers à destination des familles des crèches ont contribué à une prise de conscience collective. Parallèlement, une démarche transversale aux différents services vise à réduire au maximum les PE au sein de la collectivité et la ville communique dans les médias pour aider le grand public à choisir des produits exempts de ces substances nocives. Limoges a également entrepris une vaste sensibilisation à l’occasion de différentes manifestations : organisation d’un colloque qui a réuni 350 personnes (professionnels de la petite enfance et agents municipaux intervenant dans les processus d’achat et de nettoyage), témoignages lors des rencontres des professionnels de la petite enfance à Rennes et de la rencontre européenne du réseau Environnement santé, ou encore table ronde organisée pendant les rencontres de l’achat public… En effet, agir sur la politique d’achat est essentiel pour atteindre les objectifs de réduction des perturbateurs endocriniens.

Après avoir réalisé un audit, qui a permis d’identifier cent quarante-sept points d’amélioration applicables par l’ensemble des huit directions, la commune a élaboré un plan d’action de quatre-vingt dix-neuf mesures réparties en cinq actions : « nettoyer sans polluer et sans se polluer », « acheter exigeant », « mieux respirer », « jouer tout simplement », « mieux dans son assiette ». Grâce à une étroite collaboration entre services, ce plan est aujourd’hui réalisé aux deux tiers.

Reconnue comme l’unique « Ville créative » de France par l’Unesco et capitale des Arts du feu, Limoges a également sollicité l’Union des porcelainiers pour trouver une alternative aux plateaux en mélamine utilisés dans les établissements scolaires, qu’elle a sensibilisés. Résultat : un mécénat entre un lycée professionnel, une entreprise locale et la ville s’est développé pour fabriquer des plateaux repas en porcelaine, tenant compte du projet éducatif en crèche.

Les premiers résultats au sein de la crèche expérimentale montrent une diminution de l’utilisation des produits d’environ 10 %. Et, même si l’achat de produits labellisés est plus cher, en modifiant les pratiques de nettoyage et les protocoles d’aération, le coût de consommation annuel devrait malgré tout rester identique ou diminuer, avec un objectif de – 2 % en 2019. La quasi-totalité des familles participantes se disent satisfaites de la démarche, et huit sur dix ont entrepris de réduire les PE dans leur environnement. Quant aux vingt membres de l’équipe projet, 95 % d’entre eux déclarent mieux prendre en compte la suppression des perturbateurs endocriniens.

La duplication est en cours sur les autres crèches municipales et une réflexion est en cours pour les écoles primaires. La commune a également souhaité affirmer son action en s’engageant dans une charte « Ville et territoire sans PE » en septembre dernier. La Mutualité française, le CHU Limoges, Alerte médecins pesticides et le réseau Environnement santé sont partenaires de la démarche de Limoges, qui a été récompensée par un Territoria Or, le 27 novembre à l’Assemblée nationale (catégorie « prévention – qualité de vie »).

Martine Courgnaud – Del Ry

 

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Le Prix TERRITORIA permet de mettre en lumière des initiatives locales exceptionnelles. Dans un contexte économique difficile pour les collectivités, innover et réinventer permet de trouver des solutions nouvelles aux attentes d’aujourd’hui et de demain : l’innovation est devenue le moteur indispensable à la dynamisation de l’action publique territoriale.

Cette année, 201 projets ont été présentés au Jury Territoria. Il s’agit d’un record ! 199 dossiers de candidatures ont été validés et 60 dossiers ont été sélectionnés par les comités d’experts, dans 19 domaines différents, allant de l’urbanisme aux services à la personne, en passant par la culture, l’environnement et la gouvernance pour ne citer que ceux-là. Une grande diversité qui montre à quel point les collectivités sont, conformément aux compétences qui leur sont dévolues, au cœur de la vie quotidienne des gens.

La thématique la plus abordée a été celle des relations humaines – management, prévention et bien-être au travail –, montrant ainsi le recentrage de l’intérêt des collectivités sur l’humain, la qualité de vie et le vivre ensemble.

Au regard de la qualité des dossiers, le jury a sélectionné 39 lauréats d’un TERRITORIA : 20 Or, 8 Argent et 11 Bronze.

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