Le droit à prescrire des infirmiers diplômés d’État (IDE) est étendu

Publié le 10 juillet 2026 à 14h50 - par

Deux arrêtés publiés fin juin 2026 redéfinissent en profondeur le métier d’infirmier diplômé d’État (IDE).

Le droit à prescrire des infirmières est étendu
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Deux arrêtés publiés au Journal officiel du 27 juin 2026 viennent parachever la loi sur la profession d’infirmier promulguée, jour pour jour, un an plus tôt. « Ils constituent l’étape ultime de la mise en œuvre de cette réforme », se félicite le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (SNIIL). Ces deux textes tant attendus par la profession redéfinissent en profondeur le métier d’infirmier diplômé d’ État (IDE). Le premier élargit considérablement le droit de prescription de l’IDE ; le second réécrit la liste des actes et soins qu’il peut réaliser.

Une nouvelle organisation des actes et des soins

Un des deux arrêtés fixe la liste des actes et soins pouvant être réalisés par les infirmiers diplômés d’État. Le texte est organisé en plusieurs parties.

  • Le rôle propre de l’infirmier. Cela couvre notamment le repérage des fragilités, les évaluations réalisées au quotidien, le raisonnement clinique, les dimensions médico-sociales, la sexualité, la prévention ou encore la nutrition. Le texte élargit également la liste des actes pouvant être réalisés dans ce cadre, avec, par exemple, la prise en charge de l’obésité, le dépistage des IST ou encore la réalisation d’électrocardiogramme. Il précise aussi la mise en œuvre des soins (examen clinique infirmier, projet de soins…) avec la reconnaissance de l’expertise infirmière dans la prise en charge des plaies, ainsi que l’orientation et la coordination avec les autres professionnels de santé.
  • Le rôle propre pouvant être délégué, qui précise les actes pouvant être délégués aux aides-soignants, auxiliaires de puériculture ou accompagnants éducatifs et sociaux (AES).
  • Les actes réalisés sur prescription médicale, qui reprennent les actes déjà autorisés tout en intégrant de nouvelles possibilités.
  • Les actes réalisés sur prescription médicale lorsqu’un médecin est en capacité d’intervenir.
  • Les actes réalisés dans un contexte pluriprofessionnel, comprenant notamment le contrôle des outils de télésurveillance.

L’article 3 de l’arrêté stipule que l’infirmier est désormais habilité à conduire, en autonomie, des consultations infirmières. Celles-ci peuvent être réalisées en établissement de santé, en établissement médico-social, en cabinet libéral, au domicile du patient ou dans toute autre structure autorisée à dispenser des soins infirmiers. Toute consultation infirmière devra être reportée par l’infirmier dans le dossier du patient.

Un droit de prescription élargi

Le second arrêté précise les produits, dispositifs médicaux, médicaments et examens biologiques que les infirmières et infirmiers peuvent dorénavant prescrire. Leur droit de prescription est nettement élargi. Ainsi, l’IDE peut prescrire une vaste palette de produits de santé et d’examens. Parmi les principales nouveautés :

  • Vaccination : prescription et administration de l’ensemble des vaccins du calendrier vaccinal aux personnes de 11 ans et plus (hors vaccins vivants atténués chez l’immunodéprimé), de la grippe saisonnière dès 11 ans et de la Covid-19 dès 5 ans, que la personne soit ciblée ou non par les recommandations.
  • Plaies : prescription des pansements et du matériel associé (pour une durée initiale de 7 jours), des dispositifs anti-escarre, de la contention, ainsi que de certains produits comme les antiseptiques à large spectre ou le nitrate d’argent, dans des conditions précises.
  • Santé sexuelle et reproductive : renouvellement de la contraception orale (6 mois maximum, non renouvelable), prescription de préservatifs, de contraceptifs d’urgence, du dosage des bêta-HCG et des tests de dépistage des IST.
  • Sevrage tabagique : substituts nicotiniques et bilan sanguin cardiovasculaire.
  • Douleur : antalgiques de palier I, y compris en indication antipyrétique, et adaptation des posologies.
  • Examens biologiques : NFS, ionogramme, ECBU avec antibiogramme, glycémie, créatininémie, HbA1c et renouvellement de l’INR sous AVK, selon des conditions encadrées.

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