Retraites : trois syndicats de fonctionnaires claquent la porte

Retraite

En annonçant mercredi 8 janvier 2020 la fin des départs anticipés à la retraite pour les agents publics exerçant un métier pénible à l’exception de ceux en uniformes (policiers, pompiers…), le gouvernement a provoqué la colère et l’incompréhension de plusieurs syndicats de fonctionnaires.

La CGT, la CFE-CGC et la FSU, opposées à la réforme des retraites, ont claqué la porte de ce qui devait être le « lancement de la concertation » sur la future prise en compte de la pénibilité dans la fonction publique, en présence de leur secrétaire d’État, Olivier Dussopt, et son homologue aux retraites, Laurent Pietraszewski, « resté seulement 15 minutes », selon ces syndicats.

FO et Solidaires avaient décidé dès mardi de boycotter cette réunion. CFDT, Unsa, CGC et FA-FP y ont participé.

À la veille d’une nouvelle journée de grève interprofessionnelle, M. Dussopt a annoncé aux syndicats, puis à la presse, la fin des « catégories actives », qui permettaient aux agents ayant un métier pénible de partir à la retraite de manière anticipée 5 ou 10 ans avant l’échéance.

« Aujourd’hui nous avons entre 800 000 et 900 000 agents en catégorie active, demain, il y aura à peu près 300 000 agents qui resteront en catégorie active au titre de ce qu’on appelle parfois les métiers en uniformes, en tout cas ceux exposés à de la dangerosité », a-t-il dit.

Policiers, pompiers, douaniers, surveillants pénitentiaires… continueront ainsi de pouvoir partir à la retraite entre 52 et 57 ans, contrairement aux aide-soignantes qui devront attendre 62 ans au lieu de 57, a précisé à l’AFP Martial Crance, secrétaire général adjoint de la CFDT fonction publique, présent à la réunion.

Néanmoins, selon M. Dussopt, « un des avantages » du futur système « est de permettre à des agents qui aujourd’hui ne sont pas dans les catégories actives d’être mieux pris en compte ». Il a notamment cité les « agents d’accueil, de maintenance » ou « de permanence dans les préfectures » et qui « travaillent la nuit ».

200 000 à 300 000 agents exclus

« Cette suppression va conduire des centaines de milliers d’agents à ne pas être reconnus dans la pénibilité », s’est insurgé Jean-Marc Canon, secrétaire général de la CGT Fonction publique, en quittant la réunion. Il a chiffré le nombre d’agents lésés à « 200 000 ou 300 000 » qui « n’auront plus rien », un chiffre que M. Dussopt a qualifié d’« exagéré ».

La CFDT a confirmé à l’AFP qu’avec la future réforme « 300 000 agents pourraient être exclus » du dispositif dont ils bénéficient actuellement.

« À la place, il y aura le compte de prévention de la pénibilité (C2P) qui ne s’appliquera pas à tous et ne permettra d’obtenir que deux ans de départ anticipé », a-t-il précisé, déplorant l’exclusion notamment des aide-soignantes, contrôleurs aériens ou agents des services mortuaires et de désinfection.

« Le gouvernement n’entend rien concerter. Il refuse absolument de débattre des critères de pénibilité », a renchéri M. Canon pour qui « la seule solution » est « le rapport de force ».

Le gouvernement a supprimé en 2017 quatre des dix critères de pénibilité : la manutention de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et les risques chimiques.

La CFDT, à l’instar de l’Unsa, demande leur réintégration.

Pour Benoît Teste de la FSU, premier syndicat chez les enseignants, « aucune condition du dialogue n’est réunie, on a même l’impression que les positions du gouvernement se raidissent ».

Les syndicats de fonctionnaires vont désormais devoir suivre, ou pas, « un calendrier très resserré » et « insuffisant », selon la CFDT et l’Unsa, « un passage en force », selon la CGT. Avec des « réunions bilatérales dans les jours qui viennent » pour « une première synthèse d’ici au 20 janvier » et un passage du texte en Conseil des ministres le 24 janvier, puis au Parlement à partir du 17 février.

La question des fins de carrière dans la fonction publique, doit faire l’objet de discussions parallèles dans le même temps, selon M. Dussopt. Le gouvernement a proposé que la retraite progressive puisse être étendue aux agents publics, sans en spécifier les modalités.

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