30 % des praticiens de bloc opératoire proches du burnout

Santé

L’Association de prévention du risque opératoire (ASSPRO) vient de publier les résultats d’une enquête portant sur le niveau de stress des praticiens de bloc opératoire et plus particulièrement, les chirurgiens. Près d’un tiers d’entre eux sont proches du burnout.

Le burnout, une menace très répandue en milieu hospitalier

Dans le cadre des 12e Rencontres du dialogue hospitalier qui se sont tenues les 6 et 7 décembre derniers, le secrétaire général de l’ASSPRO, Vincent Travers, a présenté les résultats d’une étude sur « l’évaluation du niveau de stress et de ses principaux indicateurs chez les praticiens de bloc opératoire ». Le burnout, ou syndrome d’épuisement professionnel, est une menace très répandue dans le secteur de la santé, classée parmi les risques psychosociaux professionnels. Cette enquête a été conçue pour « quantifier le niveau de plaisir ou de stress dans l’exercice professionnel des médecins exerçant en plateau technique lourd », précise un communiqué de l’ASSPRO. Menée auprès de 1 272 médecins, parmi lesquels des anesthésistes (29,6 %), des orthopédistes (29,4 %) et des gynécologues-obstétriciens (12,8 %), elle offre un panorama représentatif de la situation et permettra, peut-être, de résoudre certains problèmes.

Des résultats inquiétants

Bien que 81 % des médecins interrogés disent exercer leur métier avec « plaisir », plus d’un quart d’entre eux sont « exténués » après le travail. Les causes principales sont la multiplication des tâches administratives, l’évolution scientifique et technique permanente, la notion de « productivité », ou encore la pression financière.

Sur une échelle allant de 0 à 10, ils évaluent les perturbations du sommeil à 7,3, l’impossibilité de déconnecter à 7,5 et la sensation d’épuisement à 7,6. 30 % des praticiens vont même jusqu’à situer leur niveau de stress à 8. Pour ceux qui travaillent plus de 80 heures par semaine, le niveau de burnout atteint alors 40 %. Enfin, près de la moitié de ces praticiens déclarent revivre des moments difficiles après la fin de leur journée de travail. Ce syndrome d’épuisement professionnel peut avoir de graves conséquences, tant pour le praticien que pour le patient.

Les solutions envisagées

Cette enquête permettra sans doute d’envisager différentes solutions pour remédier à ce problème, notamment grâce à un meilleur repérage des praticiens en situation de burnout. Pour cela, l’ASSPRO précise qu’elle s’inspire notamment du Crew resource management (CRM), une méthode qui a fait ses preuves ces trente dernières années en sécurisant le secteur aérien. Elle s’appuie sur l’optimisation de l’environnement de travail de l’équipe dans l’objectif de maîtriser la sécurité du personnel hospitalier.

Par ailleurs, la Haute autorité de santé (HAS) a récemment mis en place une check-list obligatoire visant à « améliorer le partage des informations et à réaliser une vérification croisée de critères considérés comme essentiels avant, pendant et après toute intervention chirurgicale », précise-t-elle. Celle-ci fait écho au programme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) « Safe surgery saves lives » dont l’objectif est de réduire les taux de complications et de décès postopératoires en améliorant l’implication des équipes, et donc, leur motivation et leurs conditions de travail.

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