Crise sanitaire : la FEHAP dénonce l’inégalité de traitement entre privé et public

Santé

La FEHAP demande un traitement égalitaire sur le plan budgétaire de tous les établissements de santé impliqués dans la gestion de l’épidémie de Covid-19.

« Force est de constater que l’histoire se répète sans cesse », déplore la FEHAP. « Une nouvelle fois », la Fédération dénonce l’inégalité de traitement entre le privé et le public. Après l’éviction du secteur privé solidaire du plan hôpital en novembre 2019, elle constate « avec amertume » que ses adhérents MCO (Médecine-Chirurgie-Obstétrique) ne seront pas traités comme ceux du public, « malgré leur engagement sans faille dans la gestion de l’épidémie de Covid-19 ». De fait, l’enveloppe exceptionnelle d’urgence de 377 millions d’euros dédiée à l’allégement des tensions budgétaires des établissements de santé les plus exposés dans la prise en charge du Covid-19 est essentiellement orientée vers les établissements publics.

Les établissements de santé privé solidaire ont répondu à l’appel à la mobilisation générale des forces du système de santé dans la gestion de l’épidémie, rappelle la  FEHAP. Pourtant, la circulaire budgétaire émise par le ministère des Solidarités et de la Santé « tend à prouver que la reconnaissance de l’alliance privé/public, qui permet encore aujourd’hui une prise en charge efficiente des patients, ne sera pas suivi d’effets ». Et la Fédération de citer trois exemples :

  • Dans la région Grand Est, 31,2 des 37,5 millions d’euros ont été d’emblée fléchés vers les établissements publics, ne laissant que 6,3 millions à répartir entre tous les établissements impliqués, sur la seule base du nombre de lits de réanimation armés, et sans tenir compte des lits de médecine pré-emptés à cette fin.
  • Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, aucun établissement de santé privé solidaire MCO n’a bénéficié de soutien de l’ARS, malgré la prise en charge de patients Covid-19, du fait du ciblage des aides portant exclusivement sur le secteur public.
  • En Île-de-France, la répartition de l’enveloppe de 77 millions d’euros a fait l’objet d’une ventilation prioritaire auprès des établissements publics, qui ont bénéficié de 85 % de l’enveloppe d’aides.

« Nous avons multiplié par trois nos capacités en lits de réanimation, notamment en Île-de-France et en Grand Est. Nous n’avons pas attendu les directives gouvernementales pour déprogrammer les opérations non urgentes et armés des lits. Dès le début de la crise, tous les établissements FEHAP se sont mis en ordre de marche pour contribuer massivement à l’effort national », a réagi sa présidente, Marie-Sophie Desaulle, le 6 mai 2020.

La Fédération avait accueilli « très favorablement » l’annonce du ministère des Solidarités et de la Santé prévoyant de soutenir financièrement les établissements sanitaires impliqués dans la gestion de la crise du Covid-19 et de compenser tous les surcoûts qu’ils auraient pu rencontrer dans l’exercice de cette mission, la première circulaire 2020 devant en être une première traduction. « Nous sommes donc particulièrement attristés de constater, qu’une fois de plus, le secteur privé solidaire est mis sur le banc de touche », a poursuivi la présidente de la FEHAP. Marie-Sophie Desaulle demande donc au ministre « de revoir cette modélisation financière pour qu’elle soit équitable entre tous les secteurs ».

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