« Plan blanc », « plan bleu » : hôpitaux et maisons de retraite en état d’alerte face au virus

Santé

Face à la progression du nouveau coronavirus, le gouvernement a demandé aux hôpitaux et cliniques de déclencher leurs « plans blancs », et aux maisons de retraite leurs « plans bleus », des dispositifs de mobilisation maximale pour faire face à des situations exceptionnelles.

Depuis 2004, chaque établissement de santé, public ou privé, est dans l’obligation de se doter d’un tel plan pour pouvoir, en cas de crise, « mobiliser immédiatement les moyens de toute nature dont il dispose », grâce à des protocoles définis et testés à l’avance.

Ces plans doivent tenir compte des enseignements tirés des crises ou événements passés, avait précisé l’an dernier l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn, citant les attentats de 2015 et 2016 et les épidémies dues aux virus Ebola, chikungunya ou Zika.

En cas de crise, les hôpitaux doivent prévoir comment répartir les patients selon la gravité de leur état, reporter des interventions non urgentes, ouvrir des lits supplémentaires, ou renforcer leurs équipes en rappelant des personnels.

Ainsi, selon Cathy Le Gac, du syndicat SUD-Santé Solidaires à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), des infirmières et aides-soignantes récemment parties à la retraite ont été sollicitées par leur ancien employeur pour revenir travailler en renfort. Sollicitée par l’AFP, la direction de l’AP-HP n’avait pas commenté lundi 9 mars 2020 ces informations.

Le plan blanc définit également les modalités de mise en place d’une cellule de crise, un plan de circulation et de stationnement au sein de l’établissement, un plan de sécurisation et de confinement, etc.

Dans les structures médico-sociales, comme les maisons de retraite, on parle de « plan bleu » : face à une canicule ou une épidémie, les établissements doivent se doter d’un « référent », médecin coordonnateur ou directeur d’établissement, et prévoir les modalités de coopération avec un établissement de santé proche.

« On nous demande d’anticiper, de réfléchir à la manière de continuer à fonctionner dans une situation dégradée », résume Romy Lasserre Saint-Maurice, directrice d’une maison de retraite parisienne. Si une partie du personnel venait à tomber malade – ou était indisponible en raison de la fermeture des écoles -, « nous devons par exemple réfléchir à notre manière de travailler avec 20 % d’absentéisme ».

« L’objectif, c’est de faire un plan de continuité d’activité : on regarde où habitent tous nos personnels et on se demande s’ils peuvent encore être en fonction dans les quatre semaines à venir », a détaillé Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa (regroupant les principaux acteurs privés des Ehpad), interrogée par RTL.

« Plan bleu ou pas, nous avons toujours un problème d’effectifs », a souligné Pascal Champvert, de l’association de directeurs de maisons de retraite et de structures d’aide à domicile AD-PA.

Les plans bleus prévoient aussi des mesures de restriction des visites aux résidents. Dans les établissements privés des groupes Korian ou Orpea, celles-ci sont désormais interdites, sauf « situation particulière » ou « autorisation exceptionnelle ».

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