Écoles, rassemblements : le gouvernement multiplie les mesures draconiennes

Santé

Pas plus de 100 personnes : le gouvernement a encore abaissé vendredi 13 mars 2020 le seuil maximal des rassemblements, nouvelle étape dans la série de mesures draconiennes destinée à enrayer la propagation du virus, qui met progressivement la France au ralenti et paralyse l’économie.

Des millions d’élèves et d’étudiants vivaient vendredi 13 mars 2020 leur dernière journée d’école avant des « vacances » forcées qui devraient durer au moins jusqu’au début du mois d’avril tandis et le gouvernement s’est employé à expliciter les différentes mesures de soutien à l’économie annoncées jeudi par Emmanuel Macron, qui pourraient coûter « des dizaines de milliards d’euros ».

« Nous allons faire passer la limite aux rassemblements de 100 personnes. L’idée c’est de faire en sorte que nous puissions ralentir la progression, la circulation du virus » et cette interdiction s’appliquera sur tout le territoire national et dès maintenant, a expliqué le Premier ministre sur TF1. Le seuil était précédemment fixé à 1 000 personnes.

« 100 personnes, ça veut dire évidemment des conséquences importantes pour les théâtres, pour les cinémas », a reconnu le chef du gouvernement.

Si les mesures annoncées jeudi 12 mars 2020 par Emmanuel Macron face à la « plus grave crise sanitaire depuis un siècle » marquent un tournant dans la gestion de la crise due à l’épidémie de coronavirus, les élections municipales, dont le premier tour a lieu dimanche, sont toutefois maintenues.

« Des dizaines de milliards d’euros »

Édouard Philippe a assuré vendredi avoir « la conviction » qu’il est possible d’« organiser dans de bonnes conditions » le premier tour mais également le second le 22 mars.

Un peu plus tôt, le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer avait indiqué que les crèches et établissements scolaires devraient rester fermés au moins jusqu’aux prochaines vacances scolaires, qui débutent le 4 avril dans certaines académies, dont celles d’Île-de-France.

« Ce qui est assez certain c’est qu’on va aller au moins jusqu’aux vacances de printemps qui commencent début avril », a-t-il dit, insistant aussi sur le fait que les élèves ne seraient pas vraiment en vacances car ils devront travailler.

Tandis que des millions de parents se creusaient le tête pour tenter de concilier travail et garde d’enfants, entre congés, système D et télétravail, d’autres membres du gouvernement se sont attachés à rassurer les Français.

Les parents d’enfants de moins de 16 ans qui ne peuvent pas recourir au télétravail « ont droit automatiquement » à un arrêt maladie, sur demande de l’employeur, a indiqué sur Franceinfo la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ajoutant que l’État prendrait en charge « intégralement » le chômage partiel demandé par les entreprises pénalisées.

Jeudi soir, 5 117 entreprises avaient demandé à bénéficier du chômage partiel pour un total de 80 000 salariés et un coût de 242 millions d’euros, selon le gouvernement.

Le tourisme, la restauration, l’événementiel et les transports sont particulièrement touchés.

Les mesures économiques « coûteront des dizaines de milliards d’euros », a prévenu pour sa part le ministre des Finances, Bruno Le Maire, alors que la Bourse de Paris reprenait des couleurs, après une séance historiquement noire jeudi.

Côté hôpitaux, le gouvernement a déclenché le « plan blanc maximal », ordonnant aux hôpitaux et cliniques d’annuler toute chirurgie non-urgente pour accueillir le maximum de malades du coronavirus, et ils disposeront pour cela de « tous les moyens financiers nécessaires ».

Selon le dernier bilan officiel, 61 personnes sont décédées et 2 876 ont été contaminées – soit près de 600 de plus en 24 heures. Il y a 129 cas graves, en réanimation.

Autres conséquences de l’épidémie, les marches pour le climat et contre les violences policières prévues samedi à Paris et d’autres actions climat qui devaient avoir lieu vendredi ont été annulées par les organisateurs en raison de la crise du nouveau coronavirus.

Le parc Disneyland Paris restera quant à lui fermé jusqu’à fin mars.

Le foot français s’est lui aussi mis à l’arrêt : la Ligue de football professionnel (LFP) a acté vendredi la suspension immédiate et « jusqu’à nouvel ordre » de la Ligue 1 et de la Ligue 2.

Nombreuses inconnues

De nombreuses inconnues subsistent autour de ce virus ont relevé des experts qui redoutent l’avenir. Le Pr Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à la Salpêtrière, a prévenu mercredi soir que « les services de réanimation se remplissent de manière extrêmement rapide (…) Je vois ce qui se passe dans mon hôpital et c’est la même chose à Strasbourg, à Vannes… On sait qu’on n’en est qu’au début », a-t-il assuré sur LCI.

« Nous sommes au début d’une épidémie d’un virus inconnu, je ne peux absolument pas vous affirmer les yeux dans les yeux aujourd’hui que je sais exactement quelle sera l’ampleur de l’épidémie », a reconnu vendredi sur Europe 1 le ministre de la Santé Oliver Véran, assurant que « toutes les mesures adaptées » étaient prises.

En plus des foyers déjà identifiés notamment dans le Morbihan, le Haut Rhin, l’Oise ou la Corse, un nouveau point de contamination a été détecté dans l’agglomération de Montpellier.

Mais la situation est aussi particulièrement tendue dans le Rhône, où deux établissements gériatriques ont enregistré deux décès chacun en 24 heures.

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