La Fédération hospitalière de France dévoile ses propositions pour un « hôpital à bout de souffle »

Santé

Plus d’autonomie pour les hôpitaux, restriction de la liberté d’installation des médecins libéraux, révision de la carte des CHU… la Fédération hospitalière de France, porte-voix des établissements publics « à bout de souffle », appelle vendredi 3 février à des réformes de fond, plutôt qu' »au coup par coup ».

Présentée à quelques semaines de la présidentielle, sa « plate-forme » a été élaborée à l’issue d’une consultation en ligne et d’un « tour de France » et entend fournir une cinquantaine de « clés » aux décideurs politiques pour lutter contre les déserts médicaux, réorganiser les hôpitaux ou encore rénover leurs modes de financement. « Il est devenu urgent d’en finir avec la politique des économies au rabot, conduite au coup par coup, sans réorganisation globale », dénonce la FHF, en référence notamment aux 3 milliards d’euros d’économies demandés à l’hôpital sur trois ans depuis 2015.

Elle « appelle les gouvernants à assumer les réformes à conduire et à cesser des décisions prises nationalement mais non financées » et pénalisantes, comme la réduction du temps de travail des urgentistes ou les revalorisations salariales chez les fonctionnaires. « L’hôpital est sans doute proche d’une situation de burn out », a déclaré le président de la FHF, Frédéric Valletoux. Sa « première exigence » est « d’engager la convergence des contraintes entre tous les acteurs de la santé », a-t-il expliqué dans un point presse, proposant notamment de rendre obligatoire la participation des médecins libéraux à la permanence des soins.

Pour donner plus de souplesse aux hôpitaux, désorganisés, selon la FHF, par la réforme des 35 heures, elle préconise « d’introduire au niveau législatif un dispositif d’autonomie avancée ». Dans ce cadre, les personnels pourraient choisir un nouveau mode d’exercice « combinant augmentation de la durée de travail et renforcement de l’attractivité des rémunérations », afin notamment d’exercer dans plusieurs établissements de leur groupement hospitalier de territoire (GHT).

Pour lutter contre l’absentéisme (de 8 % en moyenne), elle demande le rétablissement du jour de carence, qui rapporterait « 90 millions d’euros ».

Concernant l’accès aux soins, elle suggère d’empêcher les médecins libéraux pratiquant des dépassements d’honoraires de s’installer dans les zones sur-denses. Pour enrayer la pénurie de praticiens dans les hôpitaux publics et le recours onéreux à l’intérim, il faudrait selon elle plafonner les rémunérations dans le privé ou encore créer « un opérateur d’intérim parapublic à honoraires maîtrisés ».

Autant d’éléments qui font bondir le principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF. « De quoi je me mêle ? », demande-t-elle à la FHF dans un communiqué. La CSMF préconise plutôt de créer « des statuts d’exercice mixte avec des activités partagées entre l’hôpital et la ville » et de rendre les carrières plus attractives pour les jeunes, « tant à l’hôpital » qu’en ville.

La FHF prône par ailleurs une refondation du modèle hospitalo-universitaire adapté aux nouvelles régions, l’instauration d’un « cinquième risque » de la Sécurité sociale pour l’autonomie des personnes âgées et dépendantes ou encore un financement tenant mieux compte de la précarité des patients accueillis dans le public.

La FHF représente 1 000 hôpitaux et 3 800 établissements médico-sociaux publics.

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