Les inégalités d’accès aux soins « explosent », dénoncent des associations

Santé

Les territoires « souffrent de plus en plus de la désertification sanitaire » et des « économies budgétaires », ont dénoncé samedi 9 juin des associations de défense des hôpitaux de proximité, réclamant une « véritable égalité d’accès aux soins » en France.

« Partout, les médecins manquent » : 20 à 30 % des postes hospitaliers « sont vacants », 30 % des généralistes ont plus de 60 ans et ne trouvent pas de remplaçants, et « un tiers des Français », éloignés des services de santé, « renonce à des soins », détaille, dans un communiqué, la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité, réunie samedi 9 juin pour ses « rencontres nationales » à Lure (Haute-Saône).

Regroupements hospitaliers, fermetures d’urgences, de maternités, de blocs opératoires, concentration accrue pour « faire des économies », pénurie de médecins libéraux : les politiques publiques « détruisent le maillage territorial » en matière de santé, a déploré, lors d’un point presse, la présidente de la Coordination, Hélène Derrien.

La Coordination, qui compte une centaine de comités adhérents, pointe notamment « l’épée de Damoclès » soulevée par le dernier avis du Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie (HCAAM), publié mardi 5 juin et qui préconise la création de 600 établissements de santé communautaires recentrés sur des activités de médecines polyvalentes.

Mais « notre définition des hôpitaux de proximité, c’est une maternité, un bloc opératoire et un service d’urgences avec service mobile de réanimation (Smur) », sinon l’hôpital devient « coquille vide », a-t-elle poursuivi.

Les inégalités vont s’aggraver et « il ne va pas faire bon vivre entre deux métropoles », prévient la Coordination. De plus, la pénurie de médecins touche aujourd’hui « les grandes villes, même Paris ».

« J’ai déjà 68 ans et je ne trouve pas de successeur », a témoigné Patrick Laine, médecin généraliste à Saulnot (Haute-Saône), qui a déjà tenté sans succès, via une annonce en ligne, de transmettre « gratuitement » sa patientèle et son matériel médical.

La Coordination prône « la remise en cause de la liberté d’installation des médecins ».

« Aujourd’hui, kinés, pharmaciens, infirmiers sont tous régulés, mais pas les médecins », a regretté Mme Derrien, proposant un « service sanitaire » d’un nouveau genre, où les étudiants en médecine s’engageraient à exercer « quelques années, par exemple trois à cinq ans », dans les territoires sous dotés, a-t-elle détaillé.

La Coordination souhaite aussi « réguler le numerus clausus », « refonder les études médicales » et développer des « centres publics de santé » en lien avec la médecine libérale.

Lors d’un débat, les comités ont dénoncé « la volonté des ARS » (Agence régionale de santé) de « transformer de plus en plus de petits services d’urgences en centres de soins non programmés », n’ayant « ni l’obligation d’être ouverts 24h sur 24 », ni celles « d’avoir un plateau technique d’appui » ou « un urgentiste sur place en permanence ».

Ils ont enfin dénoncé un nouveau décret, publié en juin, qui modifie l’effectif médical minimum des urgences en cas de « faible activité » et menace donc « directement » les petits centres.

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