Lancé en pleine crise sanitaire, un service inédit coordonne les renforts infirmiers

Santé

« Si le SIO était national, il rendrait un fier service au système de santé », assure Louise Ruiz, référente de ce service pilote qui permet d’associer pleinement les infirmiers libéraux à la lutte contre le Covid-19.

Lancé en avril 2020 en pleine première vague du coronavirus et basé au sein de l’hôpital de Rive-de-Gier (Loire), le Service infirmier d’orientation (SIO) est une plateforme téléphonique joignable via un numéro unique qui permet aux professionnels de santé de coordonner offre et demande en soins infirmiers.

« C’est un pivot entre l’hôpital et la ville », estime Mme Ruiz, secrétaire générale adjointe de l’URPS Infirmiers libéraux en Auvergne-Rhône-Alpes.

Pour les professionnels de santé qui font appel au SIO, il s’agit d’avoir « une expertise au bout du fil » et d’éviter « le parcours du combattant » pour trouver un infirmier capable d’assurer le suivi de leurs patients, ajoute la responsable.

Casque sur la tête, Pauline Frénéat et Sébastien Prat, deux des 18 infirmiers-orienteurs, reçoivent l’appel d’un Ehpad qui souhaiterait un renfort pour réaliser dans trois jours une soixantaine de tests PCR sur l’ensemble de ses résidents.

Les infirmiers libéraux les plus proches, inscrits sur la plate-forme, sont sollicités par SMS et peuvent ou non accepter la mission.

Quelques minutes plus tard, un infirmier libéral répond favorablement et sera mis en relation avec cet Ehpad.

Infirmier à Saint-Étienne, M. Prat, qui assure des gardes au SIO sur son temps libre, estime que cette nouvelle fonction d’orienteur est « une autre facette du métier qui permet de répondre à un besoin face à la difficulté de trouver du monde ».

Quand le SIO reçoit une demande, les infirmiers-orienteurs évaluent « la charge de travail journalière, l’urgence, la compétence qu’elle nécessite et l’amplitude journalière » afin de contacter les infirmiers libéraux du secteur disponibles, précise Mme Ruiz.

« L’urgence, on sait faire »

Pour les libéraux, « c’est une nouvelle culture » à intégrer, souligne aussi la responsable de l’URPS – association qui finance le SIO.

« Tout est géré par eux. Ce sont eux qui nous contactent. Donc, pour nous, c’est bien plus simple », déclare Caroline Flesch, infirmière à Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône), venue en renfort au laboratoire d’analyses de la commune afin de réaliser des tests PCR.

Même s’il avait été conçu sans avoir le Covid dans le viseur, « le SIO est arrivé à point nommé » pour Sylvie Derose, directrice de ce laboratoire en milieu rural qui peine à recruter alors même qu’il doit effectuer actuellement « une bonne centaine » de tests Covid par jour.

Sans renfort, « on n’accèderait pas à la demande des patients, ce serait dramatique », ajoute Mme Derose.

Dès son lancement, le SIO a fait face à un « raz-de-marée » d’appels et a répondu « à 100 % des demandes », se félicite Mme Ruiz. Un succès qui, combiné à la deuxième vague de Covid-19, amène ce service à passer à l’échelon régional en seulement sept mois.

Les infirmiers sont « habitués à être dans l’opérationnalité ». « L’urgence on sait faire », note-t-elle.

40 % des appels au SIO proviennent d’Ehpad, 20 % de laboratoires d’analyses médicales et 40 % de demandes de prises en charge en ville.

Deux antennes à Clermont-Ferrand et à Annecy sont en passe d’être déployées afin de couvrir les douze départements d’Auvergne-Rhône-Alpes, région plus touchée par la deuxième vague de Covid-19. Mais qui compte 13 500 infirmiers libéraux.

Selon Mme Ruiz, 30 % du temps de travail en cabinet infirmier est dédié à la coordination des soins. Grâce au SIO, « c’est la gestion des appels en moins pour pouvoir se recentrer sur le juste soin ».

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