Le gouvernement a adopté la Stratégie nationale de santé 2018-2022

Santé

La Stratégie nationale de santé constitue la « colonne vertébrale » de la politique gouvernementale en matière de santé pour les cinq années à venir.

La Stratégie nationale de santé (SNS) 2018-2022 a été adoptée officiellement par le gouvernement à la veille de Noël, à l’issue d’un processus de concertation entamé à la fin de l’été par la ministre des Solidarités et de la Santé. Cette stratégie va constituer « la colonne vertébrale de la politique menée par le gouvernement en matière de santé pour les cinq prochaines années », a déclaré Agnès Buzyn. Le décret portant la SNS, signé de tous les ministres, a été publié au Journal officiel du 31 décembre 2017.

Dès le premier semestre 2018, la Stratégie nationale de santé sera mise en œuvre par des plans et programmes nationaux et, dans les territoires, par les projets régionaux de santé (PRS) définis par les agences régionales de santé (ARS). « Portées par l’ensemble des ministères activement engagés dans cette démarche, ses priorités trouveront ainsi une application concrète et adaptée à leurs spécificités », assure la ministre.

Inspirée du rapport remis par le Haut Conseil de la santé publique sur l’état de santé de la population, la SNS a fait l’objet d’une large concertation avec les acteurs de la santé et les autres ministères. La consultation publique en ligne, conduite au mois de novembre 2017, a permis de faire émerger plus de 5 000 contributions, émanant aux deux tiers de professionnels et associations et pour un tiers d’usagers. Ces contributeurs ont exprimé sur le site « une forte adhésion aux objectifs proposés », se réjouit Agnès Buzyn. Ils ont suggéré des thématiques nouvelles, comme l’adaptation des formations aux nouveaux métiers, le numérique, la robotisation ou encore l’intelligence artificielle. Dans son avis, la Conférence nationale de santé a, quant à elle, enrichi les ambitions du gouvernement en introduisant plus largement les notions de « parcours » et « d’usager ».

La Stratégie nationale de santé comporte quatre axes complémentaires. Au sein de ces quatre axes, elle détermine onze domaines d’action prioritaires, déclinés en 43 objectifs nationaux d’amélioration de la santé et de la protection sociale contre les conséquences de la maladie, de l’accident et du handicap. Un volet précise sept priorités spécifiques à la politique de santé de l’enfant, de l’adolescent et du jeune. Enfin, deux objectifs propres à la Corse et quatorze objectifs propres à l’outre-mer sont également définis.

1 – Mettre en place une politique de promotion de la santé, incluant la prévention, dans tous les milieux et tout au long de la vie

Promouvoir les comportements favorables à la santé

  • Promouvoir une alimentation saine
  • Promouvoir une activité physique régulière
  • Prévenir l’entrée dans les pratiques addictives (tabac, alcool, substances psychoactives licites et illicites, addictions sans substances)
  • Réduire les prévalences des pratiques addictives et comportements à risque (tabac, alcool, substances psychoactives licites et illicites, addictions sans substances) et leurs conséquences nocives
  • Prévenir les risques liés à la conduite dangereuse sur la route et leurs conséquences
  • Promouvoir la santé sexuelle et l’éducation à la sexualité
  • Prévenir la perte d’autonomie
  • Promouvoir l’application des règles d’hygiène individuelle et collective

Promouvoir des conditions de vie et de travail favorables à la santé et maîtriser les risques environnementaux

  • Réduire l’exposition à des conditions d’habitat indignes et aux pollutions intérieures
  • Promouvoir la santé au travail, développer une culture de prévention dans les milieux professionnels et réduire la fréquence et la sévérité des pathologies liées aux conditions de travail
  • Réduire l’exposition de la population aux pollutions extérieures et aux substances nocives pour la santé
  • Renforcer la prévention des maladies vectorielles

Mobiliser les outils de prévention du système de santé

  • Renforcer la protection vaccinale de la population
  • Préserver l’efficacité des antibiotiques
  • Développer une politique de repérage, de dépistage, et de prise en charge précoces des pathologies chroniques
  • Faciliter la mise en œuvre des actions de promotion de la santé dans tous les milieux de vie et à tous les âges de la vie

2 – Lutter contre les inégalités sociales et territoriales d’accès à la santé

Lever les obstacles sociaux et économiques à l’accès au système de santé

  • Renforcer l’accès aux droits sociaux à la couverture maladie
  • Limiter les dépenses de santé restant à la charge des assurés, notamment pour les prothèses dentaires et auditives et pour l’optique médicale
  • Accompagner le recours aux services de santé des personnes vulnérables ou qui en sont éloignées
  • Prévenir la désinsertion professionnelle et sociale des malades, des blessés et des victimes d’accidents sanitaires ou traumatiques

Garantir l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire

3 – Garantir la qualité, la sécurité et la pertinence des prises en charge à chaque étape du parcours de santé

Transformer l’offre de santé dans les territoires pour répondre aux nouveaux besoins de la population

  • Structurer les soins primaires pour assurer la qualité et la continuité des prises en charge
  • Structurer l’offre en établissements de santé pour concilier proximité et accessibilité des plateaux techniques et expertises de recours
  • Améliorer l’accès aux soins des personnes handicapées et des personnes âgées et favoriser les prises en charge au plus près des lieux de vie
  • Améliorer la transversalité et la continuité des parcours en santé mentale
  • Assurer la continuité des parcours de santé

Développer une culture de la qualité et de la pertinence

  • Développer une démarche d’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins en y associant les usagers
  • Améliorer la pertinence des prescriptions, des actes, des examens et des hospitalisations
  • Promouvoir le bon usage des médicaments et le développement généralisé des génériques et biosimilaires
  • Adapter le système de veille et de vigilance aux « signaux faibles » ou aux risques émergents et renforcer la résilience du système de santé face aux situations sanitaires exceptionnelles

Prendre soin de ceux qui soignent

  • Adapter la formation initiale des professionnels de santé, sociaux et médico-sociaux
  • Faire progresser les compétences tout au long de la vie professionnelle
  • Améliorer la qualité de vie et la sécurité au travail des professionnels de santé et médico-sociaux

4 – Innover pour transformer notre système de santé en réaffirmant la place des usagers

Soutenir la recherche et l’innovation

  • Développer la production, la diffusion et l’utilisation des connaissances
  • Soutenir les innovations en santé médicales et technologiques
  • Faciliter l’émergence et la diffusion des organisations innovantes
  • Accélérer l’innovation numérique en santé
  • Garantir l’accès aux traitements innovants

Réaffirmer la place des usagers dans le système de santé

  • Réaffirmer le rôle des usagers comme acteurs de leur parcours de santé et les associer à la gouvernance du système de santé
  • Accompagner les aidants

Agir au niveau européen et sur la scène internationale

  • Promouvoir une action européenne et internationale de santé

5 – Priorités spécifiques à la politique de santé de l’enfant, de l’adolescent et du jeune

  • Accompagner les parents dès la période prénatale dans la réduction des risques pour la santé de l’enfant
  • Améliorer le repérage et la prise en charge précoces des troubles et maladies de l’enfant
  • Développer dès le plus jeune âge l’éducation pour la santé et les compétences psychosociales
  • Prévenir les violences et les maltraitances sur les enfants
  • Poursuivre l’adaptation de l’offre de soins aux spécificités des enfants et des adolescents
  • Améliorer l’accompagnement et l’insertion sociale des enfants handicapés
  • Améliorer la santé des étudiants

6 – Dispositions spécifiques à la Corse

  • Assurer une offre de soins graduée adaptée aux contraintes de l’insularité
  • Tenir compte des fluctuations saisonnières dans un contexte d’insularité

7 – Dispositions spécifiques à l’Outre-mer

Dans l’ensemble des collectivités d’outre-mer régies par l’article 73 de la Constitution et à Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre et Miquelon et Wallis-et-Futuna

  • Améliorer l’état de santé des mères et des enfants
  • Réduire l’incidence des maladies chroniques, et notamment du diabète et de ses complications
  • Renforcer les stratégies de prévention, de lutte contre les maladies zoonotiques et de gestion des flambées épidémiques
  • Réduire l’exposition des populations aux risques naturels
  • Améliorer l’accessibilité et l’approvisionnement en produits de santé
  • Faire évoluer la gouvernance du système de santé et renforcer l’attractivité de ces territoires pour les professionnels de santé et pour les équipes de direction
  • Renforcer et adapter l’offre de formation initiale et continue
  • Définir une trajectoire de rattrapage de la qualité du système de santé par rapport à l’Hexagone
  • Structurer et prioriser les transferts et évacuations sanitaires au sein des territoires d’outre-mer et entre ces territoires et l’Hexagone
  • Renforcer la coopération régionale et internationale et la coopération entre territoires d’outre-mer

Concernant plus particulièrement la Guadeloupe et la Martinique

  • Réduire l’exposition de la population au chlordecone

Concernant plus particulièrement la Guyane, Mayotte et Wallis-et-Futuna

  • Renforcer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous

Concernant Mayotte

  • Améliorer l’accès aux droits et aux soins
  • Garantir une couverture vaccinale protectrice pour la population

Source : Stratégie nationale de santé 2018-2022, ministère des Solidarités et de la Santé, 20 décembre 2017

Posté le par Rédaction Weka

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum