Covid-19 : la France est « dans une deuxième vague forte », prévient Jean Castex

Sécurité

La France est « dans une deuxième vague forte » de l’épidémie de Covid-19 et « il ne peut plus y avoir de relâchement », a estimé lundi 12 octobre 2020 le Premier ministre Jean Castex à deux jours d’une nouvelle prise de parole d’Emmanuel Macron.

Interrogé sur Franceinfo sur la possibilité de reconfinements localisés, il a d’abord souligné qu’« un reconfinement général », dont « les conséquences sont absolument dramatiques », « doit être par tous moyens évité ». « C’est possible, si nous nous y mettons tous », a-t-il estimé.

Mais le chef du gouvernement a aussi jugé à propos de possibles confinements locaux que « rien ne doit être exclu quand on voit la situation dans nos hôpitaux ».

L’exécutif examinera la situation sanitaire lors d’un conseil de défense sanitaire mercredi 14 octobre 2020, avant une interview à 19h55 du président Emmanuel Macron sur TF1 et France 2.

« Nous sommes dans une deuxième vague forte », a constaté Jean Castex qui « appelle de façon extrêmement claire à ce que nous nous mobilisions toutes et tous pour faire face à cette 2e vague. Il ne peut plus y avoir de relâchement ».

Il a considéré que les Français avaient, en particulier pendant les vacances estivales, « considéré un peu trop vite que ce virus avait disparu », tandis que lui-même ne « cessait tout l’été d’appeler à la vigilance ».

Il a ainsi jugé que « quelque chose ne va pas » quand ce week-end encore à Paris et en petite couronne, 95 des 500 contrôles effectués par les forces de l’ordre ont donné lieu à des « constatations d’infractions dans les bars et les restaurants ».

La stratégie du gouvernement est « claire » – « une riposte graduée et territorialisée » -, tout comme le sont « les consignes depuis plusieurs mois », a-t-il insisté, en appelant à « les respecter ».

Plus de 20 000 cas quotidiens

Le nombre de nouveaux cas de tests positifs au Covid-19 enregistrés en 24 heures a battu plusieurs records depuis le redémarrage de l’épidémie cet été et passé le cap des 20 000 ces derniers jours (20 339 vendredi, 26 896 samedi 10 octobre), selon les données quotidiennes de Santé publique France, dont le dernier bilan fait état de 32 730 décès en France.

Les chiffres sur les nouvelles contaminations sont à prendre avec prudence, car ils peuvent parfois correspondre à des prélèvements réalisés plusieurs jours plus tôt, mais le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS), Aurélien Rousseau, a fait état sur RMC / BFMTV d’un taux de tests positifs de 17 % en Île-de-France « qu’on n’avait jamais atteint ».

Avec « 474 malades, on a passé les 42 % d’occupation » des lits de réanimation par des patients Covid-19 dans la région la plus peuplée du pays (12 millions d’habitants), un niveau qui va imposer des déprogrammations d’interventions pour faire de la place dans les hôpitaux.

Avec Toulouse et Montpellier, qui basculent mardi 13 octobre, la France compte désormais neuf villes – dont les quatre plus grandes de France – et le département de la Guadeloupe en zone d’alerte maximale, synonyme de taux d’occupation des lits en réanimation à 30 % et qui a pour conséquence la fermeture des bars, des salles de sport et un accueil limité dans les restaurants.

« Plateau » à Marseille

À Aix-Marseille, le préfet des Bouches-du-Rhône a reconduit dimanche 11 octobre ces mesures pour 15 jours supplémentaires, en s’appuyant sur un avis de l’ARS Paca selon lequel « la situation actuelle ne fait plus montre d’une amélioration, mais d’une stabilisation sous forme de plateau ».

Si les services hospitaliers sont lancés dans une course contre la montre, M. Castex a aussi comparé la lutte contre le Covid-19 à « une course d’endurance », qui « va durer plusieurs mois ». Il a de nouveau appelé à éviter « les contacts au maximum », notamment lors des retrouvailles en famille de la Toussaint, mais « je ne vais pas vous dire qu’on ne peut pas voir papi et mamie ce serait ridicule », a-t-il ajouté.

Interrogé pour savoir si le gouvernement pourrait, comme le gouvernement britannique, interdire les rassemblements de plus de six personnes, y compris dans des lieux privés, Jean Castex a souligné qu’en France, « le pays des libertés publiques », cela n’est « juridiquement pas possible », et a appelé les Français à « respecter les gestes barrières » y compris en famille.

« Au lieu d’avoir 15 amis autour de la table, vous en avez trois ou quatre », a aussi lancé, sur LCI, l’épidémiologiste de l’Institut Pasteur Arnaud Fontanet, également membre du Conseil scientifique. Selon lui, « il n’y a rien qui va changer profondément la donne » jusqu’aux effets d’un vaccin, qu’il ne situe pas avant le « deuxième semestre 2021, au mieux ».

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