Le déploiement de « brigades » sanitaires

Santé

Le Premier ministre a annoncé la mise en place, dans chaque département, de « brigades » sanitaires chargées d’identifier toutes les personnes ayant croisé le chemin d’un malade porteur du Covid-19.

Lors de la présentation de la stratégie nationale de déconfinement, le 28 avril 2020 à la tribune de l’Assemblée nationale, le Premier ministre a confirmé l’objectif de réaliser au moins 700 000 tests virologiques par semaine à compter du 11 mai 2020. « Dès lors qu’une personne aura été testée positive, nous engagerons un travail d’identification et le test de tous ceux, symptomatiques ou non, qui auront eu un contact rapproché avec elle. Tous ces cas contacts seront testés et seront invités à s’isoler, compte tenu des incertitudes sur la durée d’incubation », a déclaré Édouard Philippe.

À cet effet, des « brigades » sanitaires sont en cours de constitution dans chaque département. Celles-ci sont chargées de remonter la liste des cas contacts, de les appeler, de les inviter à se faire tester, en leur indiquant à quel endroit ils doivent se rendre. Les « brigades » vérifieront ensuite que les tests ont bien été réalisés et que leurs résultats donnent lieu à l’application correcte de la doctrine nationale. « L’objectif final de cette politique ambitieuse de tests, c’est de permettre d’isoler au plus vite les porteurs du virus afin de casser les chaînes de transmission », a précisé le Premier ministre.

Pour tracer les contacts et remonter jusqu’à ceux qui ont croisé le chemin d’un malade, il faut faire appel à des effectifs supplémentaires pour renforcer les professionnels de santé libéraux, notamment médecins généralistes et infirmiers libéraux, qui constituent, « d’une certaine manière, la première ligne dans cette recherche des cas contacts pour tout ce qui concerne la cellule familiale ». Ainsi, ce dispositif inédit en France devrait mobiliser près de 5 000 collaborateurs de l’assurance maladie. Les « brigades » sanitaires pourront également accueillir des personnels des centres communaux d’action sociale (CCAS), des mairies et des conseils départementaux, mais aussi des personnels mis à disposition par les grandes associations. La Croix-Rouge française, par exemple, s’est dit prête à participer à l’opération.

Toutefois, c’est aux équipes locales qu’il revient d’organiser ces « brigades ». « Mais, ce qui est certain, c’est qu’ils ne seront pas tous médecins. Il faudra donc que la loi les autorise à participer à ces enquêtes épidémiologiques, dans lesquelles l’accès à des données médicalisées pourra être nécessaire », a expliqué le Premier ministre, le 28 avril 2020. C’est notamment l’objet de la loi prorogeant l’état d’urgence sanitaire promulguée ce mardi 12 mai 2020. Un décret devra néanmoins venir la compléter.

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