Les étudiants en soins infirmiers dans la rue pour dénoncer le boycott de leurs stages

Santé

HOSPIMEDIA – Ce 4 mars, les étudiants en soins infirmiers ont décidé de manifester dans les préfectures de département pour dénoncer le boycott de leurs stages par les cliniques et hôpitaux privés entré en application depuis le 1er mars.

Lors de son conseil d’administration exceptionnel samedi dernier, la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi) a par ailleurs décidé d’organiser une manifestation nationale à Paris le 13 mars. Celle-ci sera bel et bien maintenue si les positions de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), à l’origine du boycott, et du ministère des Affaires sociales et de la Santé n’évoluent pas. « La balle est dans [leur] camp », estime la Fnesi.

Les étudiants ont sinon reçu le soutien du collectif « Ni bonnes ni nonnes ni pigeonnes » (NB3NP) qui les invite à se mobiliser « en masse le 4 mars 2014 dans chaque région ». NB3NP condamne « fermement » la FHP « qui par son obstination à refuser l’accueil des étudiants et des élèves contribue à la mise en danger des patients en mettant en péril la qualité de la formation des étudiants en soins infirmiers et des élèves du corps aide-soignant ». Pour le collectif, « utiliser les étudiants et les élèves comme monnaie d’échange est un acte irresponsable et odieux ». Et de conclure : « Les professionnels s’en souviendront. »

Au micro d’Europe 1 ce 3 mars, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé que 100 % des étudiants avaient à ce jour trouvé un stage dans une autre structure (hôpital public, établissement privé à but non lucratif, Centre de lutte contre le cancer (CLCC)…). Elle a aussi précisé que certaines cliniques « n’ont pas accepté de rejeter les étudiants ». Ce pourcentage est jugé « tout à fait possible » par Karina Durand, présidente de la Fnesi, même si la fédération avait encore besoin d’un peu de temps ce lundi pour pouvoir dresser un état des lieux de la situation sur le terrain.

Sur Europe 1, la ministre a par ailleurs évoqué des « tensions » au sein de la FHP. « Il va y avoir dans quelques mois l’élection de la direction de cette fédération, a-t-elle glissé. Ne transformons pas les étudiants en monnaie d’échange dans cette bataille. » À la demande de la FHP de voir des tarifs identiques appliqués à tous, Marisol Touraine a répondu : « Il y a des tarifs différents entre les établissements publics et les établissements privés qui n’ont pas exactement les mêmes missions ». Au sujet du Crédit impôt compétitivité emploi (CICE) dont les cliniques veulent pouvoir bénéficier, la ministre a réaffirmé : « On ne peut pas considérer que le CICE qui doit favoriser la compétitivité s’applique dans le cas des cliniques privées ».

Sandra Jégu

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