Les internes de médecine générale font trop d’heures à l’hôpital

Santé

Dans les hôpitaux, un interne de médecine générale sur deux travaille au-delà des horaires hebdomadaires réglementaires, certains effectuant même jusqu’à 80 heures par semaine, au détriment de la formation, selon une étude publiée vendredi 15 février 2019 à l’occasion de leur 20e congrès national à Tours.

Un interne en médecine, stade ultime de la formation médicale, ne peut travailler à l’hôpital plus de 48 heures par semaine en dix demi-journées.

En 2013, la Commission européenne a mis la France en demeure de respecter ces horaires afin de laisser une part de leur emploi du temps à la formation. « Le caractère pédagogique de ces gardes doit rester une priorité », souligne l’étude menée auprès de plus de 1 000 internes au cours du deuxième semestre 2018.

« Les internes sont, avant tout, des professionnels en formation et ils ne peuvent pas n’être qu’une variable d’ajustement en cas de carence de personnel médical », souligne l’étude réalisée à l’initiative du syndicat des internes de médecine générale ISNAR-IMG.

Un interne sur deux dépasse ce temps de travail prévu et 84 % d’entre eux pour des obligations de service. Près de 4 % des internes déclarant dépasser le temps de travail disent effectuer jusqu’à 80 heures par semaine.

En revanche, dans les cabinets libéraux, près de 85 % respectent les horaires.

« La surcharge de travail à l’hôpital et la pression des médecins seniors est une réalité », relève l’étude qui évoque une « culpabilisation de la part des internes » et « un épuisement professionnel ».

En 2017, une précédente enquête avait montré qu’un interne sur quatre avait déjà pensé au suicide et que des symptômes de dépression affectaient un tiers d’entre eux.

« Les médecins ne peuvent pas être fatigués face à des patients », a expliqué à l’AFP, Lucie Garcin, la présidente de l’ISNAR-IMG, réuni depuis vendredi matin. « Quatre pour cent d’entre eux, souligne-t-elle, ne peuvent se reposer entre deux gardes ».

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, était attendue samedi matin. Son projet de loi santé, présenté mercredi 13 février 2019 en Conseil des ministres, est « attendu » par les internes, selon Mme Garcin.

La plupart des internes aspirent en effet à une pratique pluraliste et ne veulent plus travailler seul, jour et nuit, explique-t-elle, ajoutant que selon un récent sondage, une majorité veut s’installer en zone rurale ou semi-rurale.

Dans son discours introductif, la présidente de l’ISNAR-IMG a salué le fait que pour la deuxième année consécutive, leur assemblée n’était pas financée par des laboratoires pharmaceutiques mais surtout par des collectivités locales qui en profitent pour tenter d’attirer de jeunes médecins.

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2019

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum