Premier cabinet de télémédecine à Moigny-sur-École

Santé

La désertification médicale n’épargne pas l’Essonne. Le conseil municipal de Moigny-sur École, située au sud de l’Île-de-France, s’est doté d’un cabinet médical de télémédecine. Il permet à un médecin généraliste éloigné de mener des consultations à distance.

Il en aura fallu des heures de travail, de dialogue et de négociation avec les parties prenantes pour que le projet aboutisse. Mais rien ne résiste à la détermination de Pascal Simonnot, maire de Moigny-sur-École (91), et du docteur Philippe Paranque, responsable de SOS Médecins 91, tous deux à l’initiative du projet.

Le 18 février 2019, le centre de télémédecine ouvre dans une ancienne grange du centre du village transformée en cabinet médical. « C’est un vrai pari sur l’avenir. Mais nous nous devions de réagir vite. Car nous approchons dangereusement de la désertification médicale. Sur notre communauté d’agglomération qui compte près de 20 000 habitants, dans quatre ans, la moitié des médecins de notre bassin de vie seront à la retraite », explique Pascal Simonnot. Et pour concrétiser le projet, la mairie a mis la main à la poche : « Nous avons investi 300 000 euros pour le local et le matériel ». Et de son côté, le département a déboursé 50 000 euros pour financer le plateau technique.

La télémédecine pour faire reculer les déserts médicaux

Une demi-journée par semaine, après avoir été orientés par une plate-forme téléphonique, les patients sont accueillis par une des quinze infirmières qui ont accepté de participer à l’aventure. « C’est elle qui met à l’aise et pose les premières questions. Ils sont ensuite interrogés et auscultés à distance par un médecin du secteur », raconte le docteur Philippe Paranque. Et celui-ci d’ajouter : « On est loin des cabines sans encadrement médical qui poussent actuellement comme des champignons. Le mode de télémédecine que nous avons voulu s’intègre dans un écosystème médical avec des infirmières et des médecins ».

Grâce à une caméra, le praticien et le patient se voient et peuvent échanger. Stéthoscope, échographie, électrocardiogramme… peuvent être activés par l’infirmière à la demande du médecin qui analyse en temps réel les résultats médicaux.

À l’issue de la consultation, la carte Vitale est glissée dans le chariot, l’acte est transmis à la CPAM et l’ordonnance est imprimée. « La reconnaissance de l’acte par l’Agence régionale de santé (ARS) était indispensable pour que les patients soient remboursés », insiste le maire.

Pour l’instant, une dizaine de médecins sont associés et planifiés à tour de rôle. Mais, à terme, un peu plus de 80 médecins pourraient s’équiper de caméra. Une montée en puissance nécessaire car dès septembre 2019, grâce à une valise connectée déjà opérationnelle, les infirmières pourront se déplacer au domicile des patients. « C’est une façon de garantir la continuité des soins. Car surtout dans les territoires reculés, bon nombre de malades n’accèdent plus aux soins de santé faute de mobilité », se réjouit le docteur Philippe Paranque.

Alors que le Centre de télémédecine est observé de près par l’ARS, l’idée, dans quelques années, serait de déployer un centre par village comme dans les pays nordiques. Un doux rêve pour le docteur Philippe Paranque.

Danièle Licata

Source : RCL

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