Santé : les futurs infirmiers en pratique avancée seront formés dès septembre

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Les futurs « infirmiers en pratique avancée », des soignants aux « compétences élargies », seront formés dès septembre et exerceront à l’issue de leur master, en vertu d’un décret publié jeudi 19 juillet au Journal officiel, qui entérine la naissance du métier.

À la frontière entre l’infirmier et le médecin, ce nouveau métier, prévu par la loi Santé de 2016 et existant déjà au Royaume-Uni, aux États-Unis ou au Canada, a fait l’objet de plus d’un an de négociations houleuses, les médecins craignant de perdre la main dans le suivi du patient.

Expert, car formé dans un domaine de spécialité en particulier, l’infirmier en pratique avancée (IPA) pourra « participer à la prise en charge globale des patients » dont le « suivi » lui sera « confié par un médecin », précise le décret.

Trois domaines d’intervention seront au choix du futur IPA : « pathologies chroniques stabilisées, prévention et polypathologies courantes en soins primaires », avec une liste précise de pathologies concernées comme le diabète ou la maladie d’Alzheimer, « oncologie et hémato-oncologie » et enfin « maladie rénale chronique, dialyse, transplantation rénale ».

« Dans le respect du parcours de soins » et dans une équipe coordonnée par un médecin, l’IPA pourra « conduire un entretien avec le patient », retracer ses antécédents et « procéder à son examen clinique ».

Il sera habilité à effectuer « des actes techniques », prescrire certains médicaments, dispositifs médicaux « non soumis à prescription médicale obligatoire », et certains examens de biologie médicale.

Il pourra « renouveler, en les adaptant si besoin », certaines prescriptions médicales.

L’infirmier en pratique avancée aura aussi la possibilité de « conduire toute activité d’orientation, d’éducation, de prévention ou de dépistage qu’il juge nécessaire ». Il effectuera « tout acte d’évaluation », de « conclusion » ou de surveillance clinique, « consistant à adapter le suivi du patient en fonction des résultats » des examens complémentaires « ou de l’environnement global du patient ».

L’IPA participera enfin à « l’organisation des parcours » entre les soins de premier recours, les médecins spécialistes et les établissements de santé ou médico-sociaux.

Un « protocole d’organisation » devra être établi entre le médecin et l’IPA pour préciser les règles de leur « collaboration ».

« Même si les textes auraient pu aller plus loin (…), la création de ce nouveau professionnel de santé constitue une réelle avancée pour la profession » et surtout pour « l’amélioration de l’accès aux soins », a réagi le président de l’Ordre national des infirmiers, Patrick Chamboredon. Face à « l’explosion des maladies chroniques » et au développement des déserts médicaux, le gouvernement a « promis » de former 5 000 IPA avant la fin du quinquennat, qui contribueront « à combler un déficit dans l’offre de soins », s’est-il réjoui.

La Fnesi (étudiants) y a vu de son côté un « premier pas important vers l’autonomie et l’émancipation de la filière infirmière », mais a demandé « à ce que les financements » soient « à la hauteur des enjeux », pour permettre « un accès pour tous à la formation », dans le secteur hospitalier comme libéral.

« Cependant, il reste à déterminer le modèle économique », en particulier en médecine de ville car, « en l’absence d’évolution réglementaire et de moyens pour les rémunérer, les IPA exerceront seulement dans les hôpitaux », a de son côté prévenu le président de la CSMF (médecins) Jean-Paul Ortiz.

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