« Ségur de la santé » : Jean Castex augmente la dose pour les salaires

Santé

Coup de théâtre au « Ségur de la santé » : le nouveau Premier ministre Jean Castex s’est invité mardi 7 juillet 2020 à une réunion décisive avec les syndicats, annonçant une rallonge de plus d’un milliard d’euros pour les salaires et ajoutant « les questions d’emplois » au menu des négociations.

La surprise a été révélée peu après 19 h par un tweet du chef du gouvernement, accompagné d’une photo le montrant aux côtés du ministre de la Santé Olivier Véran et de l’animatrice du « Ségur » Nicole Notat.

« En amont de la conclusion du Ségur de la santé, j’ai ouvert la réunion de négociation avec les personnels paramédicaux », a fait savoir M. Castex, dont la présence n’avait pas été annoncée à cette réunion démarrée à 18 h.

Le Premier ministre, entré en fonction vendredi 3 juillet 2020, est resté environ une heure, avant de laisser Olivier Véran poursuivre les discussions. « Il a montré son engagement », a assuré l’entourage de M. Castex, évoquant un « symbole fort ».

Le Premier ministre, surtout, n’est pas venu les mains vides. « J’ai annoncé une enveloppe de 7,5 milliards d’euros », soit 1,1 milliard de plus que l’enveloppe proposée la semaine dernière pour revaloriser les personnels non médicaux, a-t-il indiqué.

Cette hausse « est importante, sur une base qui était déjà historique », a insisté Matignon. L’exécutif avait déjà concédé jeudi 2 juillet une première rallonge de 400 millions, portant à 6,4 milliards l’enveloppe pour les personnels hospitaliers.

Malgré ce nouveau geste financier, les syndicats se sont dit déçus mardi soir de cette nouvelle séance de négociation. En cause : la répartition de l’enveloppe entre augmentation générale, révision de grilles salariales et refonte des primes.

Les syndicats revendiquent de longue date 300 euros nets supplémentaires pour tous les agents hospitaliers du secteur public.

Mais le gouvernement veut étendre la mesure au secteur privé et introduire une part d’« intéressement » collectif dans les rémunérations.

« Avec ces mesures, l’enveloppe disponible pour la hausse générale des salaires ne pourra pas dépasser 165 euros. C’est beaucoup trop peu », a estimé mardi 7 juillet 2020 un responsable syndical, regrettant de ne « pas être entendu ».

À ce stade, « les organisations syndicales ne sont pas satisfaites des propositions », a confirmé une seconde source syndicale, appelant le gouvernement à se donner « les moyens supplémentaires » pour « arriver » à un accord.

Les négociations, interrompues après six heures d’échanges, doivent reprendre mercredi 8 juillet 2020 à 14 h.

15 000 créations de postes

Pour les syndicats, un deuxième point suscite des crispations : celui des effectifs. Lors de son intervention, Jean Castex indique avoir « insisté pour que les questions d’emploi soient également intégrées à la négociation ».

« Chaque établissement hospitalier sera invité à réaliser un diagnostic partagé de la situation de ses effectifs (postes vacants, absentéisme, besoins de formation…) et de ses activités », a fait savoir l’entourage du Premier ministre.

Alors que la hausse des effectifs réclamée par les syndicats ne faisait jusqu’à présent pas partie de la discussion, 15 000 créations de postes seraient désormais sur la table, selon une source syndicale, qui évoque un « point positif ».

Mais ces embauches seraient financées sur la même enveloppe que les revalorisations salariales. Ce à quoi s’opposent les syndicats, qui menacent de ne pas signer l’accord proposé par le gouvernement.

Selon un participant, le Premier ministre veut « conclure » rapidement le « Ségur », avec un « protocole d’accord » finalisé d’ici jeudi 9 juillet et soumis à signature pour vendredi 10 juillet 2020. Ce qui laisse peu de marge pour la négociation.

Même tempo pour les médecins hospitaliers qui doivent être reçus au ministère mercredi 8 juillet à 16 h. Mécontents des 600 millions d’euros de revalorisation qui leur ont été proposés la semaine dernière, les praticiens hospitaliers, internes et étudiants en espèrent au moins le double.

D’autres sujets devraient par ailleurs faire l’objet de simples recommandations, dont l’investissement, pour lequel plusieurs milliards d’euros sont aussi évoqués.

Des décisions sont par ailleurs attendues en matière de « simplification », avec notamment un rééquilibrage du pouvoir entre directeurs et médecins hospitaliers, et en matière de réorganisation territoriale du système de santé.

Emmanuel Macron, qui s’exprimera le 14 juillet, pourrait annoncer lui-même le résultat de cette vaste concertation lancée fin mai 2020 et censée concrétiser le « plan massif » promis au plus fort de l’épidémie de coronavirus.

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