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Transport sanitaire : « recentrer les dépenses » et « faire évoluer » le métier d’ambulancier

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Face à « un constat budgétaire inquiétant » concernant le transport sanitaire en général et des « dysfonctionnements majeurs » du transport urgent, deux députés appellent à « accroître l’attractivité du métier d’ambulancier » et à « recentrer la dépense sur les patients qui en ont besoin », dans un rapport dévoilé le 16 février 2022.

Transport sanitaire : "recentrer les dépenses" et "faire évoluer" le métier d'ambulancier

« Le transport urgent pré-hospitalier connaît, en raison d’une carence ambulancière qui ne cesse de s’accroître, des dysfonctionnements majeurs, conduisant à alourdir la charge de travail des sapeurs-pompiers », notent Julien Borowczyk (LREM) et Josiane Corneloup (LR) rapporteurs d’une mission d’information de l’Assemblée nationale sur les transports sanitaires.

Pour y remédier, les deux parlementaires suggèrent notamment de « continuer à faire évoluer la profession d’ambulancier, qui souffre d’un fort déficit d’attractivité, du fait d’une rémunération insuffisante et de conditions d’accès trop contraignantes ».

En novembre, quelques centaines d’ambulanciers des hôpitaux et des services mobiles d’urgence s’étaient rassemblés sous les fenêtres du ministère de la Santé à Paris pour réclamer leur passage en filière soignante, alors qu’ils relèvent de la filière ouvrière et technique. Ils soulignaient alors qu’ils ne faisaient pas « que conduire, mais aussi assister l’équipe médicale ».

Contacté par l’AFP, le ministère de la Santé a indiqué avoir acté mercredi 16 février 2022 la reconnaissance des conducteurs ambulanciers « au sein de la filière soignante » de la fonction publique hospitalière. Une évolution qui interviendra « en juin prochain ».

De nouveaux référentiels d’activités, de compétences et de formation ont également été élaborés et un décret qui sera « prochainement publié » permettra l’ouverture de nouveaux actes aux ambulanciers, selon le ministère.

Par ailleurs, les deux parlementaires relèvent dans leur rapport que « les dépenses au titre des transports sanitaires (ambulances, véhicules sanitaires légers, taxis conventionnés …) n’ont cessé de croître depuis le début des années 2000 ».

En cause, « l’élargissement progressif de ce droit » qui semble s’appliquer « sans véritable distinction » de la situation des patients et l’utilisation de plus en plus importante des modes de transports les plus coûteux (notamment des taxis conventionnés). En 2020, l’assurance maladie y a consacré environ 4,3 milliards d’euros (contre 2,3 milliards en 2003).

Pour y remédier, les députés proposent notamment de remettre « la prescription médicale au centre du processus » et de « valoriser l’utilisation des transports en commun et du véhicule personnel ».

Autre point soulevé : « l’extrême complexité de l’organisation du transport sanitaire » et « les difficultés financières » que rencontre le secteur qui regroupe un peu plus de 5 000 entreprises en France.

Selon les rapporteurs, la création de plateformes « permettant de centraliser et de gérer les commandes de transports sanitaires » et l’engagement d’une réflexion autour de l’harmonisation des tarifs pourraient être bénéfiques.

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