Stopcovid : 2,3 millions de téléchargements et seulement 72 notifications envoyées

Sécurité

L’application StopCovid lancée début juin 2020 par le gouvernement pour retrouver les contacts des personnes touchées par le coronavirus a été téléchargée 2,3 millions de fois, mais n’a permis de notifier que 72 contacts à risque, selon des chiffres fournis mercredi 19 août 2020 à l’AFP par la Direction générale de la Santé.

L’application « a été téléchargée près de 2,3 millions de fois, sur les plateformes Android et Apple, depuis sa mise en service le 2 juin. À ce jour, 1 169 QR codes ont été utilisés et 72 contacts à risque notifiés », a précisé la DGS.

La différence entre le nombre de personnes qui se signalent contaminées en scannant le QR code fourni lors d’un test de dépistage positif et le nombre de notifications envoyées peut s’expliquer par l’utilisation encore très faible de l’application dans la population ou dans l’entourage de la personne contaminée, ou parce que celle-ci ne l’a installé qu’après avoir reçu le résultat de son test.

« L’application est efficace dès lors qu’une personne et ses contacts en disposent. Utiliser StopCovid peut s’avérer particulièrement utile dans les zones où le virus circule activement » et dans les lieux fréquentés comme les bars et les restaurants, assure le ministère des Solidarités et de la Santé, qui « encourage évidemment tous les Français à télécharger l’application ».

Le principe de l’application Stopcovid est d’utiliser la technologie sans fil Bluetooth pour détecter et garder une trace de toutes les personnes croisées de manière prolongée durant les 15 derniers jours à moins d’un mètre, avant de les prévenir en cas de contamination.

Le système est controversé, à la fois dans son principe et dans les choix techniques faits par le gouvernement, ses adversaires estimant notamment qu’il n’est pas suffisamment utile au regard des risques qu’elle comporte, par exemple concernant la protection des données personnelles.

L’application française est, de plus, incompatible avec la plupart des applications de traçage européennes, qui s’appuient sur une solution technologique proposée par Apple et Google.

Le gendarme des données personnelles, la Cnil, a mis en demeure fin juillet le gouvernement de régler « plusieurs irrégularités » sur l’application dans un délai d’un mois et de se prononcer sur l’efficacité de l’application dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

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