Besançon : une cité internationale des savoirs et de l’innovation

Urbanisme

Presque libéré des services hospitaliers, le site de Saint-Jacques, au centre-ville de Besançon (25), fait l’objet d’une opération d’urbanisme de grande ampleur. Baptisé « Cité des savoirs et de l’innovation », le projet de réhabilitation a été emporté par l’Adim, la branche immobilière du groupe Vinci, pour 14 millions. Premiers coups de pioche en 2026.

Une nouvelle étape administrative a été franchie, en juillet dernier, pour le projet de transformation de l’hôpital Saint-Jacques, en Cité des savoirs et de l’innovation. L’hôpital bisontin et la ville de Besançon ont désigné l’opérateur qui sera chargé de mener à bien la modification du site. Trois projets avaient été déposés. « Le choix s’est porté sur Adim-Vinci. Car le projet se rapprochait au plus près du cahier des charges établi », commente Éric Saby, chef de projet urbanisme à la métropole et à la ville de Besançon. C’est en 2013 que celle-ci et le Centre hospitalier universitaire (CHU) se sont mis d’accord pour travailler ensemble à la reconversion du site. Les services de l’État ont aussi été associés pour les questions patrimoniales générales. Il faut dire qu’avec ses carrés de bâtiments anciens datant du XVIIe siècle sur une surface de 7 ha, le pôle Saint-Jacques offre un site exceptionnel au cœur même de la cité. « Le centre-ville de Besançon est empreint de l’histoire de ce lieu de vie, de ce joyau du patrimoine architectural. La chapelle du Refuge, l’hôtel de Montmartin, la cour d’honneur sont emblématiques et participent à l’exception du site », lance fièrement Chantal Carroger, directrice générale du CHU de Besançon. De quoi mener un projet de réhabilitation de grande envergure. « Mais avant, il a fallu assurer le transfert des services de l’hôpital sur le pôle Jean-Minjoz. Le déménagement a commencé en 2012 et devrait s’échelonner jusqu’à la fin de la mise en sécurité de certains bâtiments en 2024. Le CHU sera alors libéré de l’administration, de la psychiatrie et de quelques services techniques installés dans des bâtiments de l’Arsenal », explique Éric Saby.

Un projet collectif au service de tous

« L’objectif était de se mettre d’accord sur un projet urbain de reconversion, une programmation et un potentiel constructible. Un certain nombre d’études préalables ont été réalisées avant que le CHU organise une consultation d’opérateurs susceptibles d’acquérir le site », indique Éric Saby. Et d’ajouter : « Mais la ville et l’agglo souhaitaient également se porter directement acquéreur d’une partie du site auprès du CHU pour y réaliser des espaces et équipements publics ». Et c’est tout naturellement que le programme s’est établi autour des thèmes du savoir et de l’innovation. D’une part, par la nécessité de renforcer l’Université sur le territoire et le campus du centre-ville, d’autre part, par la tradition bisontine de l’innovation tant sociale que technique. Des thèmes plébiscités lors de la concertation avec la population. « Notre ville a besoin d’un lieu qui fasse écho à son ambition. Créer une cité des savoirs et de l’innovation favorisera le rayonnement de Besançon et de son agglomération. Le “savoir” comme la culture sont en résonance avec l’Université et le rôle de la capitale universitaire avec la Comue, le campus de centre-ville et le projet de grande bibliothèque. L’“innovation” est dans l’ADN de notre ville, qu’elle soit sociale ou technologique », expose Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon et président du Grand Besançon. Si tout se passe comme prévu, la promesse de vente devrait être signée à la fin de l’année. Le prix fixé à 14 millions ne comprend pas l’Arsenal, qui n’a pas encore trouvé acquéreur, même si le rectorat s’est montré intéressé, et le terrain vendu à la ville pour la construction de sa grande bibliothèque. Pour l’hôpital, l’objectif est d’obtenir l’argent nécessaire afin de financer le transfert des activités administratives et de soins encore présentes à Saint-Jacques, et le nouveau bâtiment en cours de construction à Jean-Minjoz qui doit, notamment, les accueillir. Les premiers coups de pelle démarreront dans deux ans.

Une bibliothèque pour tous, mais pas seulement…

Dans l’enceinte de cet immense espace cohabiteront grande bibliothèque publique et universitaire, lieu de rencontre ouvert sur la ville, village d’entreprises innovantes, espace de congrès, maison universitaire de l’éducation, logements en neuf et en réhabilitation, ainsi que résidences services pour étudiants, intergénérationnelles et seniors. Viendront se greffer des commerces, mais aussi des services, dont une maison médicale, de la restauration, des espaces de partage et, enfin, des espaces publics pour créer du lien en termes d’usages entre le site, le centre-ville, le quartier de Chamars, les quais et la rivière. Sans oublier des espaces patrimoniaux confortant la vie culturelle de la ville. De quoi satisfaire le plus grand nombre.

Danièle Licata

Source : RCL

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum