Les Grands sites de France s’engagent à respecter des valeurs communes

Urbanisme

Les gestionnaires de sites exceptionnels fondent leur action de préservation, mise en valeur et réhabilitation sur un ensemble de convictions, recensées dans un document-cadre.

Gorges du Verdon, Camargue, Baie de Somme, falaises d’Étretat… Quarante-et-un sites remarquables, dont quatorze labellisés par le ministère de l’Écologie, sont réunis au sein du Réseau des grands sites de France, créé en 2000. Autant d’espaces à protéger, mettre en valeur et ouvrir au public, tout en préservant leur caractère unique et en évitant l’uniformisation.

Le 2 octobre, les responsables de ces paysages « exceptionnels, fragiles, protégés et reconnus de tous » se sont engagés à fonder leur action sur un ensemble de valeurs. Ainsi, pour les collectivités gestionnaires, la valorisation économique des grands sites ne peut consister qu’en retombées indirectes : en effet, la mission de gestion d’un grand site ne relève pas d’un schéma de rentabilité. C’est pourtant un facteur de développement local durable, qui contribue à la préservation des richesses et des patrimoines de tout le territoire. Un équilibre doit être trouvé entre les activités et les paysages ; les aménagements doivent être maîtrisés. L’urbanisme non contrôlé et la spéculation foncière constituent deux grands dangers pour ces espaces qui nécessitent des précautions spécifiques.
 

L’esprit des lieux

La gestion ou l’aménagement d’un grand site confèrent une responsabilité particulière et requièrent un savoir-faire spécifique lié à la personnalité particulière du site – « l’esprit des lieux », qui ne se trouve nulle part ailleurs. La permanence du site, liée à son histoire, impose de savoir le faire évoluer de façon à pérenniser ses composantes naturelles, humaines, historiques et culturelles : s’il procède du passé, le site est aussi lié à l’avenir. Le gestionnaire doit savoir anticiper grâce à une vision à long terme.

La protection des sites, d’intérêt général, passe par une approche globale, qui intègre biodiversité, patrimoine historique et culturel, mais aussi pratiques sociales et économiques. Quant aux habitants de ces territoires, eux aussi doivent garantir la transmission d’un capital paysager aux générations futures.

Les visiteurs doivent prendre le temps de découvrir le site, de dialoguer avec les habitants, et il faut leur donner l’envie de revenir et de partager l’expérience qu’ils y ont vécue : « un pan du monde, un morceau de l’histoire et du patrimoine d’une société » qui leur ont été révélés…

Les grands sites de France relèvent de la loi du 2 mai 1930 sur la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque.

 

Martine Courgnaud – Del Ry
 

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