La Drees ausculte les hôpitaux de proximité

Publié aujourd'hui à 14h10 - par

Une récente étude analyse la capacité d’accueil des hôpitaux de proximité, leur implantation sur le territoire, ainsi que le profil des patients accueillis et de leurs médecins.

La DREES ausculte les hôpitaux de proximité
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Les hôpitaux de proximité (HPR) assurent le premier niveau de la gradation des soins hospitaliers et orientent les patients qui le nécessitent vers les établissements de santé de recours et de référence ou vers d’autres structures adaptées à leurs besoins. Plus de huit HPR sur dix (85 %) relèvent du secteur public. Leur labellisation nécessite une activité de médecine, mais leurs capacités d’accueil sont davantage orientées vers le moyen ou le long séjour. Et ils comportent presque systématiquement un Ehpad. « Ceci traduit un positionnement spécifique au sein de l’offre hospitalière, avec des patients en médecine souvent plus âgés que dans les autres établissements publics », explique la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), qui a publié début septembre 2026 une étude sur les hôpitaux de proximité, leur capacité d’accueil, leur implantation sur le territoire, ainsi que sur le profil des patients accueillis et de leurs médecins (Études et Résultats n° 1382). Celle-ci s’appuie sur les données issues de la statistique annuelle des établissements de santé pour l’année 2024.

Des établissements de santé implantés en zone rurale

En 2024, la France comptait 308 établissements labellisés HPR sur un total de 2 962 établissements hospitaliers. Les hôpitaux de proximité représentaient ainsi 20 % de l’ensemble des établissements hospitaliers publics.

Les HPR sont majoritairement mono-sites et plus fréquemment implantés dans des zones rurales, rapporte la Drees. En 2024, les hôpitaux de proximité se répartissaient comme suit selon la densité des communes :

  • 56 % en milieu rural ;
  • 40 % en zone urbaine intermédiaire ;
  • 4 % seulement en zone urbaine dense.

Ces établissements de santé peuvent représenter une part significative de l’offre de soin hospitalière de leur département. Dans certains territoires enclavés, les distances entre l’HPR et l’établissement de santé le plus proche sont particulièrement élevées, dénotant un fort ancrage territorial. En Haute-Corse, par exemple, la distance moyenne entre chacun des deux HPR et l’établissement avec activité de médecine le plus proche est d’environ 80 km. Trois départements alpins (Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes et Alpes-Maritimes) présentent également des HPR éloignés de l’offre hospitalière de médecine, avec des distances moyennes respectives de 44 km, 48 km et 41 km. À l’inverse, dans les départements les plus densément peuplés, notamment en région parisienne (Paris, Yvelines, Hauts-de-Seine et Val-d’Oise), tous les HPR se situent dans un rayon de 10 km d’une commune où est implanté un autre établissement avec une activité de médecine.

Le profil nettement spécialisé des HPR, orienté vers quelques activités bien définies, s’apprécie dans leurs capacités d’accueil : près de la moitié des lits (46 %) est regroupée en soins médicaux et de réadaptation (SMR), contre 11 % dans les établissements publics non HPR ; les lits de médecine représentent 33 % des capacités d’accueil (proportion inférieure aux 52 % des établissements publics non HPR) et les lits en unités de soins de longue durée (USLD) 19 %, contre 6 % en établissements publics non HPR. À noter : la quasi-totalité des HPR publics sont dans une entité juridique comprenant au moins un Ehpad.

Des médecins plus souvent à temps partiel

Bien que la grande majorité des HPR appartiennent au secteur public, ils accueillent davantage de postes de praticiens en activité libérale (14 %, contre 2 % dans les hôpitaux publics non HPR). Les postes de praticiens salariés correspondent plus souvent à un temps partiel (55 % contre 33 %), « ce qui peut traduire un exercice médical plus souvent mixte, avec une activité à la fois salariée et libérale, reflétant la spécificité du lien ville-hôpital dans ces établissements », avancent les deux auteurs de l’étude.

Les médecins hommes sont légèrement majoritaires dans les HPR (56 %), contrairement à ce qui est observé dans les hôpitaux publics non HPR (48 %). Cette différence vient des médecins salariés (54 % d’hommes dans les HPR, contre 48 %), et non pas des médecins libéraux (64 % d’hommes dans les HPR, contre 69 %), montre l’étude de la Drees.

Les HPR disposent des équipements nécessaires à la réalisation des examens radiologiques standards et recourent fréquemment à la télémédecine. En revanche, la présence d’un laboratoire de biologie médicale est moins fréquente dans les HPR.


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