Accès aux soins de premier recours : une étude recense les diverses configurations territoriales

Publié le 20 juillet 2026 à 9h00 - par

L’IRDES propose une typologie communale permettant de mesurer les disparités d’accessibilité des patients aux soins de premier recours.

Accès aux soins de premier recours : une étude recense les diverses configurations territoriales
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L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) a publié, courant mai 2026, une étude intitulée : « Accessibilité des patients aux soins de premiers recours en France : quelles configurations territoriales ? ». En France, les médecins généralistes, comme les autres professionnels de santé de premier recours, sont inégalement répartis sur le territoire. Et malgré l’attention portée depuis longtemps aux disparités d’accessibilité spatiale aux soins de premier recours, les analyses ont souvent été menées profession par profession, plutôt que selon une approche globale et multiprofessionnelle. Cette étude propose donc une typologie communale permettant de mesurer ces disparités à partir de différentes dimensions, notamment le niveau d’accessibilité aux soins et son évolution, et les besoins de santé de la population, expliquent ses quatre auteurs. Des configurations diverses ont pu être observées, qui confirment l’opposition entre, d’une part, les espaces offrant une meilleure accessibilité aux soins (littoraux, Grand Ouest et grands pôles urbains, ainsi que leurs couronnes) et, d’autre part, les zones rurales du centre de la France, moins bien dotées, résume l’IRDES.

Trois grands types de configurations territoriales

La typologie établie par l’IRDES identifie trois grands types de catégories de communes.

Les communes caractérisées par une plus faible accessibilité à tous les professionnels de santé

35 % des communes, situées dans des territoires dits « critiques », relèvent de cette première catégorie. Toutefois, elles ne rassemblent que 8 % des habitants. Les communes qui présentent la moins bonne accessibilité aux soins de premier recours sont souvent situées dans des zones montagneuses (Alpes du Sud, Corse…), sur des îles ou dans certains départements français d’Outre-mer (Guyane), pointe l’étude. Les communes s’échelonnant le long de la diagonale centrale reliant les Ardennes aux Pyrénées sont un peu moins défavorisées. Enfin, les communes concentrées dans la moitié nord de la France, plus particulièrement dans les régions Centre-Val de Loire, Bourgogne et au sud de la Normandie, se distinguent des précédentes par un processus de désertification : « outre une plus faible accessibilité, en particulier aux médecins généralistes, infirmières et masseurs-kinésithérapeutes, c’est dans ce groupe que la perte d’accessibilité aux médecins généralistes, entre 2018 et 2022, est la plus importante », soulignent les auteurs de l’étude.

Les communes pour lesquelles le niveau d’accessibilité à certains professionnels de santé est plus mitigé

Contrairement aux précédentes, pour ces communes, les difficultés ne concernent qu’une partie de l’offre de santé considérée : l’accessibilité est en effet relativement élevée pour les médecins généralistes, mais plutôt faible pour les radiologues et les laboratoires, ainsi que pour les urgences. Ce cas de figure concerne des communes généralement isolées ou situées dans la zone périurbaine de petits pôles, qui se situent souvent au niveau régional dans le sud-ouest, mais aussi dans le nord-est du pays. C’est la catégorie « qui connaît la dynamique la plus favorable en matière d’accessibilité, même s’il s’agit d’une classe plutôt rurale. En effet, dans ces communes, l’accessibilité aux médecins généralistes s’est maintenue et a même parfois augmenté », observe l’IRDES.

Les communes présentant une meilleure accessibilité aux différents soins

Cette catégorie bénéficie d’un niveau d’accessibilité plus élevé pour l’ensemble des professionnels et services de santé considérés, à l’exception des médecins généralistes. Les communes concernées se trouvent dans des pôles urbains, quelle que soit la taille des villes, mais aussi dans des départements d’Outre-mer, comme la Réunion, ou des îles métropolitaines, comme l’île d’Ouessant. Parallèlement, les communes périurbaines de grands pôles autour de Paris, Lyon, Toulouse, Rennes ou Nantes « se distinguent par leur niveau élevé d’avantages socio-sanitaires et leur dynamique de l’offre plutôt favorable, mais aussi par une plus faible accessibilité aux médecins généralistes et aux professionnels de santé de proximité. »

Des inégalités qui dépassent le clivage entre ville et campagne

Les résultats produits par l’IRDES viennent nuancer la démarcation entre espaces urbains et espaces ruraux en montrant le rôle clé des petites centralités : la présence d’une offre de soins de premier recours dans certaines petites villes et bourgs ruraux permet en effet aux communes rurales environnantes de bénéficier d’une meilleure accessibilité aux soins que certains territoires urbains, insistent les auteurs de l’étude.


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