Avec « French impact », le gouvernement veut valoriser l’économie sociale et solidaire

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Après la « French tech », voici le « French impact » : le gouvernement souhaite mobiliser 1 milliard d’euros pendant le quinquennat en fonds publics et privés, pour aider l’économie sociale et solidaire (ESS) à changer d’échelle et favoriser plus largement l’« innovation sociale », avec notamment un label dédié.

« L’économie sociale et solidaire investit dans le bien commun. En faisant de l’innovation sociale une marque de fabrique, nous reconnaissons sa contribution actuelle et à venir aux objectifs de cohésion sociale, d’amélioration du bien-être et d’intégration des problématiques environnementales au système économique », a déclaré le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, en lançant officiellement « l’accélérateur national de l’innovation sociale ».

L’ESS, qui concilie activité économique et utilité sociale, représente 10 % du PIB et emploie 2,3 millions de salariés. Ses entreprises sont actives dans des domaines tels que la lutte contre le chômage, l’illettrisme, le décrochage scolaire, pour développer l’autonomie des personnes âgées ou handicapées, ou encore protéger l’environnement.

« Avec l’accélérateur, on ne va pas uniquement s’adresser aux entrepreneurs et aux associations qui innovent, mais aussi à l’ensemble de l’écosystème et aux relais territoriaux pour mettre tout le monde en synergie », a précisé Christophe Itier, entouré du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, et du secrétaire d’État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, Julien Denormandie.

L’objectif du gouvernement est de fédérer les entreprises et les soutiens possibles. Pour favoriser le développement national d’initiatives ayant fait leurs preuves au niveau local, et pour financer cette ambition, l’objectif sur la durée du quinquennat est de mobiliser 1 milliard d’euros en fonds publics et privés.

« Nous sommes en discussions avec des investisseurs pour créer un fonds d’amorçage national d’ici la fin du 1er semestre », a précisé à l’AFP M. Itier. Selon lui, sont d’ores et déjà partants la Caisse des Dépôts et la BPI, ainsi que le Crédit coopératif, BNP-Paribas ou des organismes comme France Active ou Inco (ancien Comptoir de l’innovation).

Derniers de cordée

« L’accélérateur d’innovation sociale » comporte en outre une marque collective baptisée « French impact », utilisable par des associations, fondations, coopératives et autres entreprises ayant développé des actions « au service de l’intérêt collectif ».

« Le French impact sera la nouvelle bannière de l’économie sociale et solidaire, et plus largement de tous les acteurs de l’innovation sociale », a poursuivi M. Itier. « Cette économie, c’est un des facteurs de compétitivité et d’attractivité du pays, au même titre que la French tech ».

« On est trop vu comme des structures qui demandent de l’argent et pas assez comme des structures qui permettent d’aider les collectivités », a regretté à la tribune Florence Gilbert, fondatrice de Wimoov, plateforme qui propose des solutions de mobilité adaptées aux personnes en difficulté.

« Il est temps de changer la donne. Soutenir les premiers de cordée, c’est bien, mais quand on s’occupe du plus fragile, on fait avancer tout le monde », a dit de son côté Jean-Daniel Muller, co-fondateur de Siel bleu, association qui prône la santé par l’activité physique.

Un appel à projets a été lancé pour sélectionner 10 à 15 entreprises qui constitueront la « vitrine » du « French impact », et bénéficieront d’un accompagnement spécifique pour se développer. Les lauréats seront annoncés en mars.

Début mars, doit par ailleurs être lancé un appel à candidatures, visant à accorder ce label à des structures d’accompagnement de projets (ruches, incubateurs…).

Des fonctionnaires dans chaque ministère et en régions auront pour mission de simplifier les démarches administratives et financières des innovateurs sociaux.

Quelques territoires pilotes, urbains et ruraux, doivent expérimenter la démarche au deuxième semestre, avant un déploiement sur l’ensemble du territoire en 2019. Des déplacements en régions sont prévus.

M. Itier travaille en outre « avec l’ensemble des acteurs de l’ESS » à un « pacte de croissance et consolidation » à cinq ans, comportant des mesures législatives, fiscales et réglementaires, qui doit être présenté en conseil des ministres en « mars-avril ».

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