Projet Bretagne très haut débit : une première en France

Administration

Tous les foyers bretons bénéficieront du très haut débit (THD) à l’horizon 2030. Thomas Renault, Directeur de projet THD au syndicat mixte de coopération territoriale Mégalis Bretagne détaille les enjeux de ce programme, ainsi que les bénéfices attendus pour les territoires.

Thomas Renault
Thomas Renault

WEKA : L’accès au très haut débit est-il un enjeu d’aménagement, voire de développement des territoires ?

Thomas Renault : Lorsque l’État a consulté en 2011 les opérateurs privés sur leurs investissements dans le très haut débit, Orange a ambitionné un déploiement auprès de 40 % de la population bretonne. Mais seuls 10 % du territoire étaient couverts. Un projet public a donc été construit en complémentarité pour éviter une fracture entre les zones urbaines et les zones moins denses. Mégalis Bretagne est maitre d’ouvrage de ce projet pour le compte de la région, de ses quatre départements et de l’ensemble des communautés de communes. Le très haut débit est effectivement un enjeu de désenclavement et d’accessibilité des territoires. L’objectif est d’apporter à tous les Bretons un nouveau réseau de télécommunications pérenne permettant d’accompagner le développement des usages. Historiquement, la Bretagne compte de nombreuses entreprises dans le champ du numérique. Il est important de leur offrir des infrastructures performantes. Nous travaillons également avec le conseil régional pour mettre en place davantage de formations dans le champ de la fibre optique car ce secteur est créateur d’emplois.

WEKA : Comment travaillez-vous avec les collectivités locales ?

Thomas Renault : Si la région, les départements et les communautés de communes participent au financement, tous les territoires sont impliqués. Les communes nous accompagnent par exemple sur les questions d’urbanisme, qu’il s’agisse de faciliter l’implantation d’armoires de télécommunications ou de recenser les projets de lotissements et de constructions qui nécessiteront demain un raccordement. Autre exemple : dans les zones très rurales, où le réseau téléphonique est souvent posé en aérien, l’utilisation de ces supports requiert souvent préalablement de procéder à des élagages d’arbres pour faciliter la pose des câbles. Ce sujet relève de la compétence communale. Et nous avons aussi besoin des élus pour expliquer le projet aux citoyens et communiquer à chaque grande étape : lancement des études, commercialisation du réseau, etc.

WEKA : Quelles sont les attentes des élus, notamment dans les territoires ruraux ?

Thomas Renault : Ils souhaitent répondre aux demandes des citoyens d’accéder aux mêmes services que dans les grandes villes. Les usages numériques se sont beaucoup développés au domicile, qu’il s’agisse de travailler, de participer à l’éducation des enfants ou de s’octroyer des loisirs. La disponibilité du THD fait désormais partie des critères de choix d’une habitation. Les élus sont également soucieux du développement économique de leur territoire. Un réseau de télécommunication performant est indispensable pour permettre aux entreprises de gagner en productivité ou encore de simplifier leur relation avec l’administration. Dans les communes rurales, les entreprises agricoles pourront plus facilement réaliser leurs déclarations administratives en ligne. Cette nouvelle infrastructure permettra enfin d’envisager le développement de services publics de proximité, dans les champs de la santé ou du maintien à domicile par exemple.

WEKA : Le calendrier des travaux est-il respecté et quelles sont les prochaines échéances du projet ?

Thomas Renault : Les travaux ont commencé en 2015. À ce jour, entre 25 000 et 30 000 locaux sont raccordables par un abonnement de fibre optique. Cette première phase court jusque fin 2018. Une deuxième phase s’ouvrira en 2019 et une troisième en 2023. En 2030, 1 200 000 logements devront être raccordés. Jusqu’à la fin de cette année, nous travaillerons avec les départements et les communautés de communes sur la cartographie des zones de déploiement de la deuxième phase afin de lancer les prochains appels d’offres début 2018. S’agissant du respect du calendrier, nous avons pris un peu de retard dans les secteurs où le réseau est aérien. Dans certaines zones, nous avons dû changer entre 20 et 30 % des supports pour leur permettre de tenir la charge avec de nouveaux câbles en fibre optique. Nous ne l’avions pas anticipé mais un projet d’une telle ampleur est une première en France.

Propos recueillis par Hélène Delmotte

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